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Dans la tête d'Alexandre Bissonnette : des psychiatres témoignent

Une illustration d'Alexandre Bissonnette et du juge lors des procédures le 26 mars 2018
Une illustration d'Alexandre Bissonnette lors de son passage devant le juge le 26 mars 2018 Photo: Radio-Canada / Francis Desharnais

Les psychiatres se sont succédé à la barre des témoins aux observations sur la peine de l'auteur de la tuerie qui a fait six morts à la mosquée de Québec, en janvier 2017.

Un texte de Yannick Bergeron

Appelés par la défense, les témoins experts ont brossé le profil psychologique d'Alexandre Bissonnette, en plus de se prononcer sur les risques de récidive du meurtrier.

Pour le psychiatre Sylvain Faucher qui a rencontré Bissonnette à sept occasions depuis la tuerie, le jeune homme de 28 ans n'est pas raciste ou un suprémaciste.

« L'attention de monsieur s'est centrée sur les musulmans en raison d'abord de la “couleur du temps” », a indiqué le psychiatre, précisant qu'à une autre époque « cela aurait pu être les Juifs ».

Le psychiatre Sylvain FaucherLe psychiatre Sylvain Faucher Photo : Radio-Canada / Benoît Jobin

Selon lui, l'intimidation dont il a été la cible dans son enfance n'est pas le seul facteur du passage à l'acte.

« À preuve, son frère a aussi été intimidé », fait valoir le psychiatre.

Il estime que sa quête de pouvoir pour contrer un sentiment de faiblesse a pu contribuer à son passage à l'acte.

Selon le Dr Faucher, Bissonnette représente un risque de récidive « faible à modéré » tout en rappelant que « le risque zéro n'existe pas ».

Sa collègue, la psychiatre Marie-Frédérique Allard arrive sensiblement aux mêmes conclusions.

Pas psychopathe

Témoignant également à la demande de la défense, la Dre Allard conclut, comme le Dr Faucher, que Bissonnette n'est pas un psychopathe.

Dans ce contexte, elle estime elle aussi qu'une réhabilitation est possible.

« Je pense qu'il est capable de changer, ça va dépendre de plusieurs facteurs », a fait valoir la psychiatre.

Les deux psychiatres appelés à la barre des témoins ne se sont pas montrés surpris des mensonges de Bissonnette après son arrestation.

Il a feint d'entendre des voix pour expliquer, en partie, son geste.

Une façon, selon la Dre Allard, de faire accepter le drame à ses parents.

De son côté, le Dr Faucher a résumé la situation ainsi : « Entre assumer un vol à l'étalage et assumer le geste qu'il a commis, il y a un monde. »

Bisonnette ne témoignera pas

La Couronne aura l'occasion de contre-interroger la psychiatre Marie-Frédérique Allard, après quoi il resterait « possiblement » un témoin, a annoncé l'avocat de Bissonnette.

Me Charles-Olivier Gosselin a toutefois précisé qu'il ne s'agirait pas « du principal intéressé ».

Justice et faits divers