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Bientôt moins de science à l’Agence américaine de l’environnement?

Des cheminées rejettent une épaisse fumée blanche.

« L'ère de la science secrète à l'EPA touche à sa fin », a déclaré Scott Pruitt, mardi.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Le secrétaire de l'Agence américaine de l'environnement (EPA), Scott Pruitt, veut restreindre les études scientifiques utilisées par l'organisme afin de déterminer l'impact de l'exposition aux pesticides et à la pollution sur la santé humaine.

M. Pruitt a signé une proposition de règlement en ce sens, mardi, lors d’un événement diffusé en direct sur le site web de l'agence, mais fermé aux médias.

Le patron de l’EPA est d’avis que le nouveau règlement, demandé depuis longtemps par les fabricants de produits chimiques et par les entreprises de combustibles fossiles, augmentera la transparence dans la prise de décision de l'agence en exigeant que toutes les données utilisées dans les études scientifiques soient rendues publiques.

« L'ère de la science secrète à l'EPA touche à sa fin, a-t-il déclaré. La capacité de tester, d'authentifier et de reproduire les résultats scientifiques est vitale pour l'intégrité du processus d'élaboration des règles. Les Américains méritent d'évaluer la légitimité des données scientifiques qui sous-tendent les décisions de l'EPA et qui peuvent avoir un impact sur leur vie. »

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Photo : La Presse canadienne

Les détracteurs du patron de l’EPA, dont d'anciens administrateurs et scientifiques de l’agence, affirment que ce changement de politique vise à empêcher l'agence de citer des études de santé publique examinées par des pairs. Ces études utilisent des dossiers médicaux de patients, de l’information qui doit rester confidentielle en vertu des lois sur la protection de la vie privée des patients.

Au nombre de ces études figure une célèbre analyse de la Harvard School of Public Health réalisée dans six villes, en 1993. On y établissait des liens entre les taux de mortalité et la pollution de l'air dans les grandes villes américaines. Cette étude a été utilisée par l'EPA pour justifier des règles de qualité de l'air plus strictes auxquelles s'opposent les pollueurs industriels.

« Cette politique transforme la transparence d'un principe qui permet d’améliorer la science en une arme qui l’empêche d’être utile », a déclaré Brian Nosek, psychologue qui dirige et qui a cofondé le Center for Open Science, qui prône l'ouverture des données et la transparence dans la recherche.

Si elle est officialisée à la suite de la période commentaires publics de 30 jours qui a débuté mardi, la nouvelle politique suivrait d'autres mesures prises par Scott Pruitt, notamment le remplacement des scientifiques universitaires au sein du comité consultatif de l'EPA par des scientifiques directement employés par l'industrie ou qui acceptent des fonds de recherche provenant d'entreprises.

En interdisant la « science secrète », le patron de l’EPA met en œuvre des restrictions souhaitées depuis des années par les législateurs conservateurs, qui n'ont jamais réussi à les faire adopter, même avec des majorités républicaines à la Chambre et au Sénat.

Données privées

De nombreux scientifiques disent que lorsqu'ils font des études épidémiologiques, qui examinent ce qui se passe dans le monde réel et le comparent aux maladies et aux décès, comme les grappes de cancer, ils doivent respecter les règles de protection de la vie privée en matière de santé.

La nouvelle politique de Scott Pruitt mènerait donc les résultats de recherches qui utilisent de telles données privées à ne pas être utilisés par l'EPA « à moins que les sujets n'aient renoncé à leur droit à la vie privée », explique William K. Reilly, qui était chef de l'EPA pendant la présidence de George H. W. Bush.

M. Pruitt a cité deux revues spécialisées, Science et Nature, comme exemples positifs de transparence. Mais ces revues ont des programmes stricts qui permettent à des experts externes d'examiner les données privées et d'en vérifier l'exactitude tout en ne les rendant pas publiques.

Tom Burke, chef scientifique de l'EPA pendant l'administration Obama, a qualifié la nouvelle politique d'« invitation à des retards sans fin ».

Selon lui, l’initiative de M. Pruitt va « enchevêtrer les actions de santé publique » lorsqu'il s'agit de personnes et de substances cancérigènes dans l'eau et dans l'air.

« Quand quelque chose s'est renversé et descend la rivière, il faut fixer un seuil pour savoir quand fermer l'eau », a lancé M. Burke, un épidémiologiste qui dirige maintenant l'Institut des sciences du risque de l'Université Johns Hopkins.

Avec les informations de Associated Press

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