•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Santé : un service en français prometteur en manque de financement

Le reportage de Lise Ouangari
Radio-Canada

Le service d'accompagnement du Réseau santé en français de la Saskatchewan (RSFS) visant à améliorer l'accès des soins de santé pour les francophones fait ses preuves depuis son lancement en 2016, mais le service souffre d'un manque de financement.

Un texte de Lise Ouangari

Le service est une solution au manque de professionnels de la santé bilingues dans la province.

Il compte une quarantaine de bénévoles pour accompagner des patients à leurs rendez-vous médicaux. Ces derniers agissent en tant qu'interprètes entre le patient et les professionnels de santé anglophones, et guident les patients au sein du système de santé saskatchewanais.

« On s'assure que le patient arrive au bon endroit et qu'il comprenne ce qu'il se passe avec le médecin, l'infirmière ou le dentiste, et puis qu'il sache quel suivi il doit faire, quel médicament il doit prendre », explique Anne Leis, la présidente du Réseau santé en français de la Saskatchewan.

Anne Leis parle en entrevue dans son bureau de l'Université de la Saskatchewan, à Saskatoon. Depuis le lancement du service d'accompagnement, Anne Leis recense les commentaires des médecins et des patients pour évaluer le succès du service. Photo : Radio-Canada

Selon elle, une mauvaise compréhension entre le patient et le personnel soignant peut nuire à la qualité des soins médicaux offerts aux francophones.

« S'il n'y a pas de communication avec le professionnel de la santé [...] on a un problème non seulement de qualité de soins, mais aussi de sécurité, parce que ça peut conduire à de mauvais diagnostics, à des erreurs d'ordonnance », explique-t-elle.

Ça peut être grave.

Anne Leis, présidente du RSFS

« Ça peut occasionner des [retards]. Et, des fois, quand il y a des choses graves, comme un cancer ou un problème de pression artérielle, ou encore un problème cardiaque, ça peut être grave [...] Donc, il faut qu'on s'assure que les patients comprennent les professionnels de santé, et vice-versa », ajoute Anne Leis.

Ce service-là est absolument nécessaire.

Jocelyne Poirier, accompagnatrice

Jocelyne Poirier, qui est bénévole pour le service d'accompagnement depuis un an et demi, est convaincue de l'importance de ce service pour la communauté francophone.

« Un médecin m'a dit : "Je suis obligé de prendre 50 minutes de mon temps et de travailler avec mon cellulaire pour traduire ce que le patient doit faire, et quand le patient est parti de mon cabinet, je ne suis toujours pas certain qu'il a compris." Je peux vous assurer que j'ai eu les oreilles agrandies, et les yeux aussi. Je me suis dit : "Aïe, comment ça se passe après?" », raconte-t-elle.

Jocelyne Poirier parle en entrevue dans les bureaux du Réseau santé en français de la Saskatchewan à Saskatoon.Jocelyne Poirier explique que les bénévoles reçoivent une formation en matière de déontologie et d'éthique, et ont la responsabilité d'établir une relation de confiance. Photo : Radio-Canada

Le service d'accompagnement, qui est gratuit et confidentiel, est surtout sollicité par de nouveaux arrivants ainsi que des personnes âgées. Toutefois, Jocelyne Poirier estime que le service pourrait profiter à un plus grand nombre.

Elle est notamment étonnée de voir des francophones ayant pourtant une bonne compréhension de l'anglais se buter parfois à la barrière de la langue. « Le patient n'arrivait pas à saisir, à ma grande surprise, ce que le médecin demandait de faire », dit-elle.

Un service en manque de financements

Le service d'accompagnement a été créé grâce à un financement de plus de 130 000 $, sur trois ans, octroyé en 2014 par la Société santé en français, un organisme national financé par le ministère fédéral de la Santé.

Le Réseau Santé en français ne dispose plus de fonds spécifiques pour ce service, mais l'organisme tente de le maintenir notamment grâce à des financements ponctuels, comme celui accordé l'an dernier par la Fondation fransaskoise et qui a permis de développer la promotion du service.

Si le service d'accompagnement est offert dans les villes de Saskatoon, de Regina, de Prince Albert, de Moose Jaw et de Gravelbourg, le Réseau souhaiterait étendre le programme aux régions rurales.

Le Réseau est en discussion avec l’Autorité de santé de la Saskatchewan pour intégrer le service au sein du système de santé de la province. Selon Anne Leis, la récente fusion des autorités régionales de santé pourrait faciliter l'institutionnalisation du service.

De son côté, l'Autorité de santé provinciale s'est dite ouverte au développement d'un partenariat de travail avec le Réseau Santé en français de la Saskatchewan.

Saskatchewan

Santé