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Plus de 10 M$ en doses de vaccin pour une campagne contre la méningite

Les autorités américaines recommandent aux voyageurs de se faire vacciner contre l'hépatite s'ils voyagent au Michigan ou au Kentucky cet été. Photo: Reuters / Valentin Flauraud
Radio-Canada

Le ministère de la Santé vient de dévoiler le coût des vaccins lors de la campagne de vaccination contre la méningite de type B qui s'est déroulée au Saguenay-Lac-Saint-Jean en 2014-2015.

Selon les chiffres obtenus par Radio-Canada, les 8500 premiers vaccins ont coûté 90 $ la dose et les 121 500 autres, 78 $ la dose pour un total de 10,2 millions de dollars.

Le gouvernement a été forcé de rendre public les montants après qu’une équipe de chercheurs en bioéthique ait obtenu gain de cause devant la Commission d’accès à l’information.

Au-delà de 60 $, on commence à poser de sérieuses questions sur le coût efficacité.

Bryn Williams-Jones professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

« Peut-être que c'est fonctionnel et bénéfique pour un individu, mais pour la population ça ne vaut pas la peine comparé à d'autres places où on peut investir de l'argent », explique Bryn Williams-Jones, professeur à l’École de santé publique de l’Université de Montréal.

Le vaccin Bexsero, fabriqué par GlaxoSmithKline, a été approuvé par Santé Canada en décembre 2013.

Une boîte blanche avec des indications et le logo de Bexsero.Le vaccin Bexsero. Photo : Radio-Canada

Quelques mois plus tard, Québec lançait une vaste campagne de vaccination au Saguenay-Lac-Saint-Jean pour tous les moins de 20 ans, afin de répondre à une éclosion de méningocoque de type B.

Une première mondiale puisque le vaccin n'avait jamais été utilisé à cette échelle auparavant.

Des cobayes pour tester le vaccin?

Le professeur Bryn Williams-Jones se demande si la population du Saguenay-Lac-Saint-Jean a été utilisée comme cobaye pour tester ce vaccin.

« C'était quoi vraiment l'intérêt? Est-ce que c'était pour le bien public, de prévenir une maladie? Ou est-ce que c'était quelque chose de plus expérimental? Le manque de transparence au moins soulève un doute et c'est un doute qu’en tant que chercheur on n’aurait dû jamais avoir si l'évidence était présente devant nous et claire », ajoute-t-il.

Après la mort de plusieurs jeunes, la direction de la santé publique du Saguenay-Lac-Saint-Jean avait demandé au gouvernement de vacciner la population en 2014-2015.

Au total, le vaccin a été administré à 47 000 personnes. Ces derniers ont reçu entre une et quatre doses, selon leur âge.

Le médecin Jean-François Betala Belinga referait la même chose aujourd'hui, peu importe le coût, puisque le vaccin a permis d'éviter 24 nouveaux cas de méningite.

La direction régionale de la santé publique maintient que cette campagne de vaccination était nécessaire, et qu'elle est efficace.

« On a huit à neuf cas de jeunes qui ont contracté la méningite entre 2006 à 2013. Puis trois ans après la vaccination, on a un seul cas [dans la région]. Vous voyez la différence? C'est majeur. On aurait pu nous reprocher de ne rien avoir fait alors qu'il y avait un vaccin homologué et qu'on était la région au Canada qu'il y avait le plus [de cas], six fois plus élevés qu'ailleurs au Québec », souligne le médecin Jean-François Betala Belinga.

Le chercheur Bryn Williams-Jones évaluera les chiffres du ministère avec son équipe au cours des prochaines semaines.

Il estime que le ministère devra justifier sa décision qui ne rencontre pas les standards internationaux en matière de coût et d’efficacité.

D'après le reportage de Priscilla Plamondon Lalancette

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