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Un printemps catastrophique pour les acériculteurs

Des gens roulent des bâtonnets de bois sur de la tire d'érable versée sur la neige blanche.
Les acériculteurs doivent rattraper le temps perdu avant que les bourgeons n'apparaissent sur les érables. Photo: Radio-Canada / Jean-Pierre Perouma

La saison des sucres s'annonce amère au Bas Saint-Laurent et en Gaspésie, une situation qui pourrait avoir de lourdes conséquences financières pour certains acériculteurs.

Après avoir attendu pendant des semaines que le temps soit assez doux pour que l'eau d'érable puisse couler, les acériculteurs doivent maintenant se lancer dans une course contre la montre pour produire du sirop avant que les bourgeons n'éclosent.

« C'est comme si la saison débutait au mois de mars, mais on est rendus le 24 avril, donc on est vraiment en retard », explique la présidente du Syndicat des producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie, Sylvie Laliberté.

Les températures froides des dernières semaines ont fait en sorte que la plupart des acériculteurs n'ont pu commencer à produire du sirop d'érable que cette semaine.

L'an passé, on avait peut-être 70 barils de faits, là, on en a 15.

Sylvie Laliberté, présidente du Syndicat des producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie
Un seau est attaché à un érable entaillé.L'eau d'érable a peu ou presque pas coulé en raison des températures froides des dernières semaines. Photo : Radio-Canada / Jean-Pierre Perouma

En plus d'être tardif, le printemps est un peu trop chaud au goût des acériculteurs.

« On a une heure d'ensoleillement additionnel parce qu'on a changé d'heure [...] et avec la chaleur, les bourgeons vont être sortis et la saison va être terminée », estime Mme Laliberté.

Mais tout n'est pas encore perdu, selon la présidente. Si le temps se rafraîchit, les acériculteurs pourraient arriver à produire suffisamment pour atteindre la moyenne annuelle de trois livres de sirop par entaille.

Ça nous prendrait une couple de gelées la nuit, et un début de mai semblable à avril... malheureusement pour les citoyens!

Sylvie Laliberté, présidente du Syndicat des producteurs acéricoles du Bas-Saint-Laurent et de la Gaspésie

D'autres sont toutefois moins optimistes. Le propriétaire de l'érablière Escuminac, Martin Malenfant, ne croit pas que la ressource sera suffisante pour compenser les semaines perdues.

Il explique que même depuis que l'eau s'est enfin mise à couler la semaine dernière, elle coule en quantité moindre qu'à la normale.

« Le problème, c'est qu'il y a eu tellement de neige qu'un anneau de glace s'est formé autour des arbres qui empêche l'eau de couler. On ne pourra pas se rattraper », constate-t-il.

Les nouveaux producteurs seront les plus touchés

Ce début de saison tardif n'aura toutefois pas d'impact sur les ventes d'acériculteurs déjà bien établis, comme Mme Laliberté, car ils ont accès à un programme d'assurance-récolte de la Financière agricole du Québec.

Or, les nouveaux producteurs acéricoles qui n'ont pas un contingent d'au moins 2 000 livres de sirop d'érable ne peuvent pas bénéficier de cette assurance.

« Les producteurs qui ont accès à ça vont quand même bien s'en tirer, mais pour les nouveaux... ils n'ont pas d'assurance-récolte, ils n'ont pas de sirop en [stock], ils n'ont rien. Il y a des gens qui vont être mal pris », prévient-elle.

Sylvie Laliberté les invite d'ailleurs à communiquer avec la Fédération des producteurs acéricoles du Québec, afin de la sensibiliser à leur réalité et d'amorcer une réflexion pour trouver des solutions.

Depuis la mise en place de l'assurance-récolte en 2009, Mme Laliberté n'a encore jamais eu à les utiliser. Elle souligne que les mauvaises saisons sont rares et que les dernières années ont été « exceptionnelles » pour le sirop d'érable.

D'après les informations d'Isabelle Damphousse

Bas-Saint-Laurent

Économie