•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

L’Oregon, quatrième joueur dans le marché du carbone?

De la fumée s'échappe d'une cheminée
De la fumée s'échappe d'une cheminée Photo: getty images/istockphoto / sharply_done
Radio-Canada

Le Québec, l'Ontario et la Californie pourraient être rejoints par un quatrième joueur dans leurs efforts pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). L'État de l'Oregon, sur la côte ouest américaine, démontre un intérêt à se joindre au marché du carbone depuis plusieurs mois.

Un texte d’Alexandre Duval

La ministre de l’Environnement du Québec, Isabelle Melançon, et la gouverneure de l’Oregon, Kate Brown, se sont notamment entretenues à ce sujet en novembre dernier lors de la Conférence des Nations unies sur le climat à Bonn (COP 23).

Lors de cette rencontre, la gouverneure se serait montrée très enthousiaste à l’égard du marché du carbone.

Par courriel, l’attachée de presse de la ministre de l’Environnement se limite cependant à dire que les échanges ont porté « de façon générale sur les mécanismes de tarification du carbone ».

La nature détaillée des discussions en cours est confidentielle et doit le demeurer.

Anne-Hélène Couturier, attachée de presse de la ministre Isabelle Melançon

Mme Couturier reconnaît que l’arrivée d’un quatrième partenaire dans le marché du carbone serait une bonne nouvelle. « Plus le marché du carbone est vaste, plus il devient performant et permet de réduire les émissions de GES à moindre coût. »

En février 2018, c’était au tour du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, de discuter de lutte contre les changements climatiques avec la gouverneure Brown lors d’une mission tenue à Washington D.C.

L’Oregon croit au marché

Dans une communication écrite, l’attaché de presse de la gouverneure Brown confirme que les discussions se poursuivent entre le Québec et l’Oregon.

« De plus, la gouverneure Brown s’est engagée à combattre les effets des changements climatiques et elle estime que l’approche basée sur un marché régional est un moyen innovateur de réduire les émissions de GES », ajoute Bryan Hockaday.

L’Oregon ne s’est toutefois pas encore doté d’une loi pour mettre un plafond à ses émissions de GES et se joindre à un marché du carbone. Deux projets de loi en ce sens ont échoué lors de la dernière session législative.

En mars, le Sénat et la Chambre des représentants de l’Oregon ont toutefois convenu de financer un bureau au coût de 1,4 million de dollars. Son mandat sera de développer un nouveau projet de loi prêt à être déposé l’an prochain.

Une « très bonne nouvelle »

Selon le professeur Pierre-Olivier Pineau à HEC Montréal, la possible arrivée de l’Oregon dans le marché du carbone serait une « très bonne nouvelle » pour le Québec, l’Ontario et la Californie.

Il note que l’Oregon n’est pas un énorme pollueur et que sa population d’environ 4 millions d’habitants est relativement petite, mais que sa présence « pourrait créer un certain mouvement ».

Ce n’est pas un État qui va changer la dynamique du marché, mais d’un point de vue symbolique, pour aller établir la légitimité du marché aux yeux des autres États, c’est important.

Pierre-Olivier Pineau, professeur à HEC Montréal

Cette perspective est d’autant plus importante depuis que le chef des progressistes-conservateurs en Ontario, Doug Ford, a promis de retirer sa province du marché du carbone s’il est élu premier ministre, en juin.

Si Doug Ford mettait ses menaces à exécution, l’arrivée de l’Oregon « serait un prix de consolation », selon M. Pineau. Ce dernier croit cependant que Doug Ford pourrait faire face à plus de résistance qu’il ne le croit.

« Il y a un ensemble de contraintes réglementaires qui ont été mises en place. Il ne peut pas arriver au pouvoir et défaire tout un ensemble de réglementations qui ont été adoptées par l’Ontario », soutient le professeur.

Le marché du carbone en bref

Le marché du carbone a été créé en 2013 au Québec dans le but de forcer les grandes entreprises qui polluent à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre (GES). La Californie y participe depuis novembre 2014 et l’Ontario depuis février 2018.

Le fonctionnement est simple : quatre fois par année, des « droits d’émission » sont mis aux enchères. Les entreprises qui réduisent leurs émissions de GES peuvent vendre leurs droits; celles qui émettent trop de GES peuvent en acheter.

Chaque année, une portion des droits est retirée du marché, ce qui crée une rareté. Conséquemment, le prix des droits d’émission devrait augmenter, ce qui doit amener les entreprises à trouver des façons de moins polluer.

Environnement