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L'aide aux victimes et aux témoins de l'attaque au camion-bélier s'organise

Une femme écrit un mot.
Des fleurs ont été déposées en hommage aux victimes de l'attaque au camion-bélier à Toronto. Photo: La Presse canadienne / Aaron Vincent Elkaim

Le gouvernement ontarien offre des ressources additionnelles pour l'enquête concernant l'attaque de la rue Yonge et se dit prêt à augmenter son appui à la Ville de Toronto si nécessaire, que ce soit aux services policiers ou pour des services en santé mentale, par exemple.

La première ministre Kathleen Wynne a dit mardi matin qu'en tant que première ministre, il était de sa responsabilité de s'assurer que « toutes les ressources provinciales nécessaires pour appuyer l'enquête et la sécurité soient disponibles. Je veux que les Ontariens sachent que c'est le cas. »

La ministre de la Sécurité communautaire Marie-France Lalonde a par exemple dit que le bureau du coroner provincial avait augmenté ses effectifs pour répondre à la demande à la suite du drame.

La ministre Lalonde ajoute que son ministère s'assure aussi que les ressources sont suffisantes dans les services d'aide aux victimes.

On est en train de déterminer de travailler en étroite collaboration avec les services offerts ici localement et voir si la province peut les aider.

Marie-France Lalonde, ministre ontarienne de la Sécurité communautaire

Des indemnités limitées en Ontario

L’Ontario n’est pas la province la plus généreuse en ce qui a trait à l’indemnisation des victimes, soutient la professeure titulaire à l'École de criminologie de l'Université de Montréal, Jo-Anne Wemmers, invitée mardi soir à l'émission 24/60.

Il existe en effet une indemnité « maximum ».

Le guide de Demande d’indemnisation à la suite d’un décès du gouvernement de l’Ontario stipule que :

  • lorsqu’une personne décède à la suite d’un crime violent, l’indemnité maximale versée sous forme de montant forfaitaire est de 25 000 $;
  • si plus d’une personne décède à la suite d'un crime violent, l’indemnité maximale versée sous forme de montant forfaitaire à tous les requérants est de 150 000 $.

« Si on y pense, il y a déjà 10 personnes décédées, souligne Mme Wemmers. C’est 15 000 $ pour les familles des personnes décédées. On n’a pas encore commencé à compter les personnes blessées… »

Selon la professeure, les proches d’une personne décédée, les personnes blessées et les personnes qui ont été témoins de l’événement lundi à Toronto et qui ont subi un choc traumatique peuvent faire une demande auprès du gouvernement ontarien.

« On peut imaginer peut-être qu’ils vont considérer de revoir cet article et faire une exception, comme on a fait [au Québec] suite à [la fusillade au Collège] Dawson, » souligne Jo-Anne Wemmers.

Par ailleurs, une campagne de financement participatif GoFundMe a été lancée lundi pour les victimes de l’attaque à Toronto. L’objectif est de recueillir un million de dollars.

« Ce sont de magnifiques gestes du public, mais je pense qu’il y a aussi une responsabilité de l’État », conclut Mme Wemmers.


La psychologue et directrice de l'Hôpital de Hawkesbury, la Dre Suzanne Filion, salue l'initiative de la police de Toronto de mettre sur pied des lignes téléphoniques pour les victimes et leurs proches, de même qu'une autre pour les témoins.

C'est un bon outil, dit-elle, pour entrer en contact avec des gens qui pourraient avoir besoin de soins en santé mentale.

J'aime bien quand on offre ces numéros de téléphone là, au moins pour commencer la conversation [...] Quand on se sent écouté, entendu, on est plus apte à aller chercher de l'aide à la prochaine étape, si on en a besoin.

Dre Suzanne Filion, psychologue

La Dre Filion ajoute que ce ne sont pas uniquement les témoins du drame qui peuvent avoir subi un traumatisme, mais tous les gens qui ont vu des images et entendu parler de la tragédie. « Notre imagination peut faire en sorte que ça va être troublant et difficile, ça peut être un traumatisme vécu par l'entremise de ce qu'on voit, de ce qu'on entend, de ce que l'on pense et de ce qu'on croit. »

La Dr Suzanne Filion en entrevue debout.La Dre Suzanne Filion, psychologue et directrice de l'Hôpital de Hawkesbury. Photo : Radio-Canada

C'est normal, selon elle, que les Torontois, les Ontariens et même les Canadiens qui vivent loin de Toronto ressentent une forte colère envers cet événement.

Elle invite les gens à demander de l'aide professionnelle si, dans quelques semaines, ils ont encore des symptômes de traumatisme, comme de la difficulté à dormir, de l'irritabilité, un manque d'appétit ou de la difficulté à se concentrer.

De l'aide aux employés

L'agence provinciale Metrolinx a donné congé à ses centaines employés qui travaillent dans ses bureaux, près de la scène du drame, « pour leur donner le temps de se reposer, de passer du temps avec leur famille et aussi parce qu'il est difficile de se rendre sur place avec l'enquête en cours », explique la porte-parole, Anne Marie Aikins.

Elle ajoute que de l'aide psychologique est disponible pour les employés de Metrolinx de même que pour les sous-traitants qui travaillaient dans les bureaux de la rue Yonge.

L'aide est entre autres disponible en personne, par téléphone et par courriel.

Les employés qui sont prêts à rentrer au travail pourront le faire demain et nous aurons des conseillers sur place pour assurer que l'aide est disponible pour répondre aux besoins.

Anne Marie Aikins, porte-parole de Metrolinx
Anne Marie Aikins en entrevue Anne Marie Aikins est porte-parole de l'agence régionale de transport Metrolinx Photo : Radio-Canada

Mme Aikins affirme que la tragédie de lundi après-midi a été très difficile pour de nombreux employés de Metrolinx qui travaillent à proximité.

Certains ont été témoins du drame, dit-elle, un employé a même évité de justesse le véhicule du suspect.

L'édifice a aussi été mis en confinement d'urgence.

Un bandeau annonçant le dossier de Radio-Canada sur l'attaque au camion-bélier

Toronto

Prévention et sécurité