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Fermetures de zones de pêche au homard pour protéger les baleines noires

Pêche au homard dans le golfe du Saint-Laurent Photo: Radio-Canada / Gilbert Bégin
Radio-Canada

Pêches et Océans Canada annonce le plan de 2018 pour la pêche au homard dans le sud du golfe du Saint-Laurent. Le ministère y confirme que, tout comme les crabiers, les pêcheurs de homard seront soumis à des limites pour protéger les baleines noires.

Un texte de Louis Mills

La saison de pêche au homard commencera le 30 avril à 6 h dans les zones 23, 24, 26a et 26b, où se rendent les pêcheurs du nord-est du Nouveau-Brunswick, de la côte nord de l'Île-du-Prince-Édouard et de la côte ouest du Cap-Breton.

Le ministère fait l'hypothèse que, bien qu'ils pêchent dans des zones côtières, les homardiers pourraient s'aventurer dans des zones fréquentées par des baleines noires ces dernières années.

Pour protéger ces dernières d'une hécatombe comme celle de l'an dernier, le ministère, comme il l'a fait pour les pêcheurs de crabe, a défini une « zone de fermeture statique », où les homardiers ne pourront se rendre à partir du 28 avril. Cette zone est celle où le plus grand nombre de baleines ont été observées en 2017 et celle qui comporte la plus forte concentration de nourriture pour l'espèce.

Des zones de fermeture temporaire s'y ajouteront également, selon la présence de baleines. Lorsqu'une baleine sera repérée dans une zone donnée, Pêches et Océans Canada établira une zone tampon autour d'elle. Cette zone sera fermée pendant au moins 15 jours et la fermeture sera prolongée de 15 jours à partir du dernier jour au cours duquel une baleine noire aura été observée.

S'appliquent également aux pêcheurs de homard d'autres obligations déjà imposées aux crabiers :

  • ils devront réduire la quantité de cordages flottant à la surface de la mer;
  • ils seront tenus de déclarer les engins de pêche perdus;
  • ils devront signaler les interactions avec des mammifères marins;
  • ils devront rapporter les observations de baleines.

Douze baleines noires sont mortes dans le sud du golfe du Saint-Laurent l'an dernier. Des nécropsies ont démontré que certaines d'entre elles avaient succombé à l'empêtrement dans des cordages de pêches; d'autres ont été victimes de collisions avec des bateaux.

La pêche au homard dans les zones 23, 24, 26a et 26b doit se terminer le 30 juin.

« On est extrêmement déçus »

L'Union des pêcheurs des Maritimes (UPM), qui représente la plupart des pêcheurs de homard dans les Maritimes, se dit « extrêmement déçue » des mesures annoncées par Pêches et Océans Canada.

Elle dit avoir eu vent il y a deux semaines seulement que les mesures de protection des baleines noires pourraient être étendues à ses membres et avoir alors fait des suggestions au ministère pour minimiser leur impact sur les pêcheurs, tout en assurant la protection des baleines. Elle estime que ses propositions ont été ignorées.

Mort de 12 baleines noires dans le Golfe du Saint-LaurentMort de 12 baleines noires dans le Golfe du Saint-Laurent Photo : Radio-Canada

Selon le directeur général par intérim de l'UPM, Martin Mallet, les mesures sont d'autant moins justifiées que pas une seule baleine noire n'a été vue, l'an dernier, dans une zone où se trouvaient des pêcheurs de homard.

Là, on nous impose des zones des fermetures basées sur des craintes.

Martin Mallet, directeur général par intérim de l'Union des pêcheurs des Maritimes
Martin Mallet de l'Union des pêcheurs des MaritimesMartin Mallet de l'Union des pêcheurs des Maritimes Photo : Radio-Canada

Environ 200 pêcheurs de la zone 23, celle où se rendent les pêcheurs de homard des communautés acadiennes de tout le nord-est du Nouveau-Brunswick, seront touchés.

Les pêcheurs de Miscou à Le Goulet seront touchés plus directement, selon Martin Mallet, puisqu'ils se rendent dans la zone qui sera fermée à partir du 28 avril. Les pêcheurs devront « se tasser » dans les zones où la pêche sera toujours permise, explique-t-il, ce qui fera accroître le risque de conflits entre eux.

Il précise que des réunions auront lieu au cours des prochains jours avec les pêcheurs et des représentants du ministère pour mieux mesurer les conséquences du plan annoncé.

Nouveau-Brunswick

Industrie des pêches