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Faut-il repenser la sécurité à Toronto après l'attaque au camion-bélier?

Michel Juneau-Katsuya.

Michel Juneau-Katsuya

Photo : Radio-Canada / Olivier Lalande

Radio-Canada

L'attaque au camion-bélier qui a fait 10 morts et 15 blessés lundi à Toronto doit-elle nous amener à reconsidérer la question de la sécurité? Selon l'expert en sécurité nationale Michel Juneau-Katsuya, Toronto n'est pas à l'abri de cette nouvelle forme d'attaque « perverse ».

Quelle a été votre première réaction en apprenant la nouvelle?

À cause du parcours qui a été utilisé par l'assaillant, on ne peut que conclure qu'il y avait quelque chose de délibéré. Il n'y a pas d'accident ici. Il y avait une détermination.

Ce que l'on ne sait pas - et qu'il est très important de découvrir -, c'est évidemment la motivation. C'est la première préoccupation des policiers. Est-ce que c'est un acte terroriste? Est-ce que c'est un acte criminel? Ou est-ce que c'est seulement une personne démente qui a décidé de faire cet acte insensé?

Le ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale n'a pas modifié le niveau de sécurité. Que doit-on conclure?

Ce que l'on peut constater des incidents semblables autour de la planète ces dernières années, c'est que ces incidents se limitent souvent à une intervention individuelle. Un individu qui prend sur lui de s'attaquer à la population et pas nécessairement en provenant d'une cellule ou d'un groupe. Donc, je pense qu'il est approprié pour le ministre de ne pas rehausser le niveau d'alerte, parce que ce n'est pas ce qu'on a découvert.

La police a fermé d'autres intersections par mesure de prévention. Peut-on penser qu'il y a un risque?

Pas nécessairement. C'est une mesure préventive. Il ne faut pas donner de possibilité à d'autres individus en éliminant les attroupements. C'est l'élément très macabre de ces attaques : c'est relativement facile à accomplir. On a besoin que d'un individu très engagé, d'une voiture et d'une foule. N'importe quelle foule fait l'affaire. C'est là qu'on peut tenter d'intervenir en prévenant des attroupements.

Comment les policiers vont-ils mener l'enquête ?

Le contrôle du policier a été remarquable : il a capturé le suspect en vie. Maintenant, on va l'interroger, tenter de découvrir ses motivations et savoir s'il a des complices ou non.

Est-ce que Toronto est une ville assez sécuritaire?

Oui, mais comme toutes les grandes villes contemporaines, elle a été construite de manière assez ouverte pour permettre la libre circulation des véhicules et des piétons. Et c'est ça qui est exploité, malheureusement, par cette nouvelle forme de terrorisme très pervers : on va frapper à l'aveuglette n'importe qui, n'importe où. On a simplement besoin d'un attroupement.

Cela va peut-être amener les urbanistes et les architectes, dans le futur, à repenser les mesures de sécurité, parce que maintenant, c'est connu et ça pourrait être exploité.

Les propos de Michel Juneau-Katsuya ont été condensés d'après une entrevue accordée à Isabelle Fleury à l'émission L'heure de pointe.

Un bandeau annonçant le dossier de Radio-Canada sur l'attaque au camion-bélier

Toronto

Forces de l'ordre