•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Hausse préoccupante de surdoses d'opioïdes mortelles en mars en Outaouais, selon le CIPTO

L'homme est interviewé sur le trottoir devant les locaux de l'organisme dans le Vieux-Hull.

Le directeur général du CIPTO, Yves Séguin, s'inquiète de la hausse en Outaouais de cas possibles de décès liés à une surdose d'opioïdes.

Photo : Radio-Canada / Simon Lasalle

Radio-Canada

Le Centre d'intervention et de prévention en toxicomanie de l'Outaouais (CIPTO) soutient que le nombre de morts liées à une surdose d'opioïdes a grimpé de façon inquiétante le mois dernier en Outaouais.

Sept personnes seraient mortes après avoir consommé des opioïdes, selon Yves Séguin, le directeur général du CIPTO.

Les surdoses causent environ de un à trois morts par mois depuis la dernière année, ce qui est énorme, mais là ce qu'on remarque dans le dernier mois, environ sept personnes seraient décédées.

Yves Séguin, directeur général, CIPTO

M. Séguin dit attendre les rapports toxicologiques, afin de confirmer que les victimes sont mortes d'une surdose d'opioïdes. Mais il trouve préoccupante cette hausse soudaine de mortalité chez les toxicomanes.

Le Service de police de la Ville de Gatineau (SPVG) a indiqué, par courriel, avoir également remarqué une « légère augmentation dans le nombre d'appels auxquels nous répondons en lien avec des surdoses. »

Des organismes communautaires à la rescousse

Yves Séguin salue la décision de Québec d'autoriser des organismes communautaires à distribuer de la naloxone aux toxicomanes.

M. Séguin estime que peu de toxicomanes se rendent à la pharmacie pour y prendre une trousse de cet antidote.

« Ce n’est pas tous les usagers de drogue qui ont le goût d'aller dire à leur pharmacien : « Je vais prendre de la naloxone », relate-t-il.

L'intervenant souligne que les organismes pourront ainsi faire de la sensibilisation sur l'utilisation de ce produit, mais également sur l'importance de se rendre à l'hôpital après son utilisation.

Le SPVG a également en sa possession 14 trousses de naloxone. Elles sont à la disposition des policiers, qui ont reçu une formation pour les utiliser.

L'Outaouais et Ottawa, même combat

Le directeur général du CIPTO soutient que la proximité avec Ottawa fait en sorte que l'Outaouais reçoit également toutes les drogues qui apparaissent et « qu'on connait moins ».

Il fait remarquer que « ça ne prend pas grand-chose pour qu'un revendeur traverse le pont ou que des personnes traversent pour aller acheter à Ottawa [un produit moins connu] et les risques de surdoses augmentent. »

Le fait également que les centres d'injection supervisée soient à Ottawa cause un problème, puisque des études montrent que les gens fréquentent des centres situés à moins « de 15 à 20 minutes de marche ».

C'est pourquoi on réfléchit, et c'est dans le plan d'action de réfléchir d'avoir un centre d'injection supervisée ici aussi.

Yves Séguin directeur général CIPTO

Selon le directeur du CIPTO, ce centre pourrait desservir plusieurs types de toxicomanes, pas seulement ceux qui s'injectent des drogues.

« On parle [aussi] de salles de consommation donc des personnes qui inhalent ou qui sniffent  », soutient Yves Séguin, « parce qu'en Outaouais, la consommation de crack est encore très, très présente, contrairement à la consommation d'opioïdes, qui demeure quand même limitée. »

Avec les informations recueillies par Mathieu Nadon et Jacaudrey Charbonneau

Ottawa-Gatineau

Drogues et stupéfiants