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Réussir l'intégration des prêtres venus d'ailleurs

Photo du ciel avec le soleil. On y voit une croix qui fait partie du toit de la paroisse.

Paroisse Notre-Dame-de-Lourdes au Manitoba

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Les prêtres qui immigrent au Manitoba pour exercer leurs fonctions dans l'archidiocèse de Saint-Boniface peuvent tirer parti d'un système d'intégration bien établi pour surmonter les défis qui les attendent.

Un texte de Marie-Lise Mormina

Comme bien d’autres avant lui, Alain Guenou a traversé des continents pour sa foi. Aujourd’hui, il est bien établi dans le village de Notre-Dame-de-Lourdes, au Manitoba, où il est le prêtre de la paroisse. Il s'est installé dans cette province des Prairies canadiennes en 2013. Il s’en souvient comme si c’était hier.

Venu du Ghana, en Afrique, il est arrivé le 5 mars par une température extérieure de -40 degrés Celsius. Il ne pensait pas survivre, dit-il à la blague. Des amis en Afrique lui ont raconté quelques rumeurs à propos du froid, dont une qui le fait encore sourire.

On m’a dit : quand on jette du café dans les airs, il gèle [avant de retomber].

Une citation de : Alain Guenou, prêtre à la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes

L’intégration d'Alain Guenou a été facilitée par des programmes de l’archidiocèse de Saint-Boniface ainsi que par le soutien des communautés qu’il a visitées.

Gros plan sur le prêtre Alain Guenou.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Le prêtre Alain Guenou de la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

Recruter à l'étranger

Le manque de vocations n'est pas un phénomène nouveau dans l'Église catholique. Au Manitoba, au cours des ans, le vieillissement des prêtres et l'absence de recrues ont entraîné, en milieu rural en particulier, la fermeture graduelle de paroisses autrefois prospères. Dans certains cas, les églises se sont vidées faute de prêtre pour les animer.

Plan sur les mains du prêtre Alain Guenou qui tient, d'une main, des hosties et de l'autre, un verre. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Un prêtre pratique un rite liturgique lors d'une messe.

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

Pour maintenir ses paroisses en vie, le diocèse s'est tourné vers des pays où on entend davantage l'appel des vocations. Il y recrute des prêtres francophones, bilingues ou francophiles.

Monseigneur Albert LeGatt, de l'archidiocèse de Saint-Boniface, explique que ces nouveaux prêtres sont pris en charge par une gestionnaire des ressources humaines. Elle les aide dans les démarches logistiques d’un nouvel arrivant, telles que l'obtention d'un permis de conduire manitobain et d'une carte de Santé Manitoba.

Mais il y a plus, explique l'archevêque : les nouveaux prêtres bénéficient aussi d'un accompagnement pour s'adapter à leur nouveau milieu de vie.

Cette première année d’accueil peut coûter de 10 000 à 15 000 $ au diocèse, sans compter le salaire versé au prêtre, précise Mgr LeGatt.

Alain Guenou raconte ainsi qu'à son arrivée il a été jumelé à un prêtre expérimenté qui l’a aidé à comprendre le fonctionnement du diocèse, le mode de vie, les codes sociaux et la culture de sa terre d'accueil.

Il compare cette première année à une oeuvre en travail, guidée par un maître, pour se modeler aux valeurs et au fonctionnement du pays.

C’est comme de l’argile dans les mains d’un artiste.

Une citation de : Alain Guenou, prêtre à la paroisse Notre-Dame-de-Lourdes

Toutefois, même avec tous ces appuis, ce n’est pas toujours facile, mentionne Alain Guenou. En plus de l'acculturation, il y a aussi la solitude. Au Ghana, après une messe, les gens se rassemblent, mangent et discutent, dit-il, alors qu’ici tout le monde rentre chez lui.

Le problème de la langue

Le français est souvent à travailler et à perfectionner pour bien des prêtres venus de l’extérieur. Les accents et les expressions peuvent poser des problèmes à la compréhension des messes. C’était le cas pour Alain Guenou, qui dit avoir mis beaucoup de temps à améliorer son français.

Des paroissiens assistent à la messe du dimanche. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Les paroissiens lors de la messe du dimanche à Notre-Dame-de-Lourdes

Photo : Radio-Canada / Justin Fraser

Mgr LeGatt en convient, il arrive aussi que la venue d’un prêtre non manitobain cause quelques frictions. C’est souvent le cas dans une communauté qui vit cette situation pour la première fois, et c’est pourquoi, explique-t-il, il faut y consacrer des efforts.

Il y a des gens, s’ils n’ont jamais vraiment eu à faire avec des gens d’un autre pays, des fois, il y a des esprits plus fermés.

Une citation de : Monseigneur Albert LeGatt, diocèse de Saint-Boniface.

Mais ces situations ne sont pas la norme, affirme l'archevêque, qui préfère voir cette arrivée de prêtres étrangers comme un enrichissement mutuel.

Quant à Alain Guenou, il est très heureux de l’accueil et du soutien qu’il a reçus. Sa venue était très attendue à Notre-Dame-de-Lourdes, une paroisse qui était sans prêtre depuis plusieurs mois.

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