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La taxe sur le carbone pourrait ralentir la croissance économique canadienne

Des cheminées rejettent une épaisse fumée blanche.

La taxe sur le carbone pourrait ralentir la croissance économique, dit le directeur parlementaire du budget

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

La taxation du carbone pourrait ralentir la croissance économique au pays, selon le directeur parlementaire du budget (DPB). Dans son plus récent rapport, il indique que le PIB réel sera de 0,5 % inférieur en 2022 à ce qu'il devrait être, ce qui représente une somme de 10 milliards de dollars.

Un texte de Philippe-Vincent Foisy, correspondant parlementaire

Ottawa imposera une taxe sur le carbone aux provinces qui n’auront pas établi de processus de tarification. Le Québec et l'Ontario, par exemple, ont déjà adhéré au marché du carbone. Les taux de redevance augmenteront de 20 $ la tonne d’équivalent CO2 en 2019 à 50 $ la tonne en 2022.

Si l’économie connaissait une croissance un peu moins importante que prévu, il faudra attendre avant de voir comment les revenus de cette taxe seront utilisés. Les recettes pourraient être « considérables », note le DPB, Jean-Denis Fréchette. Les répercussions sur l’économie dépendent donc de l'utilisation de ces montants.

Malgré cette nuance, les conclusions du DPB ont donné des munitions aux conservateurs, qui s'opposent à cette tarification sur le carbone.

« La taxe libérale sur le carbone va effacer 10 milliards de dollars de notre économie par année », a lancé le député conservateur Pierre Poilievre, en point de presse lundi.

Deux autres conclusions du DPB ont été critiquées par le député.

D’abord, le DPB estime que le déficit sera plus important qu'anticipé dans le budget du gouvernement. L’écart entre les prévisions du ministre des Finances et celles du DPB est de 4 milliards pour les années 2018-2019 et 2019-2020.

Ensuite, les intérêts de la dette vont coûter plus cher au gouvernement. Les frais de la dette publique sont de 23 milliards en 2017-2018 et augmenteront à plus de 39 milliards en 2021-2022. Les déficits du gouvernement et l’augmentation des taux d'intérêt expliquent cette hausse.

« Les frais de la dette publique devraient augmenter, pour passer d’un minimum record de 1,1 % du PIB en 2017-2018 à 1,5 % en 2022-2023 », note le DPB dans son rapport.

« C’est une énorme augmentation de coûts pour les contribuables. On va transférer l’argent de la classe moyenne aux très bien nantis, qui possèdent notre dette nationale » a affirmé Pierre Poilievre.

Marge de manoeuvre

Le gouvernement Trudeau mise toutefois sur le ratio de la dette par rapport au PIB, donc des montants totaux empruntés sur la croissance économique du pays. Selon le DPB, ce ratio devrait chuter à 29,6 % en 2020-2021.

« Ainsi, le gouvernement pourrait réduire ses recettes ou augmenter ses dépenses de 32 millions cumulativement et atteindre néanmoins son objectif de ramener le ratio de la dette au PIB à 30,9 % ou moins, en 2020-2021 », explique-t-il.

Effet positif des réformes au sud de la frontière

Le DPB explique que la réforme fiscale américaine pourrait avoir des conséquences positives sur l’économie canadienne. Le Tax Cuts and Jobs Act et le Bipartisan Budget Act augmenteront le PIB réel des États-Unis de 0,75 %, en moyenne.

Au Canada, cela se traduira par une hausse du PIB réel de 0,1 % en 2018. Il passera à 0,25 % d’ici 2021-2022, principalement à cause d’une augmentation des exportations.

Petit bémol : « l’incidence positive des mesures de politique budgétaire des États-Unis sur l’économie canadienne sera limitée par les mesures de politique commerciale anticipées des États-Unis liées à l’ALENA », écrit le DPB.

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