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Mémoire anti-bilinguisme de Blaine Higgs : « mes opinions ont changé »

Blaine Higgs

Blaine Higgs

Photo : Radio-Canada / CBC/Paul Hantiuk

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

La question du bilinguisme rattrape de nouveau le chef du Parti progressiste-conservateur, Blaine Higgs. Dans un mémoire datant de 1985, il y réclame l'abrogation du bilinguisme officiel au Nouveau-Brunswick. Une prise de position qui jette un doute sur les opinions actuelles du chef conservateur, à la veille des élections provinciales.

Dans ces écrits, dont L’Acadie Nouvelle a obtenu copie, Blaine Higgs affirme souhaiter voir le Nouveau-Brunswick devenir une province unilingue anglophone.

Ce document de onze pages, qu’il a écrit à la main, a été déposé en 1985 devant le Comité consultatif sur les langues officielles du Nouveau-Brunswick. Il s’intitule « Canadian or French, what are we going to be? », soit « Canadiens ou Français, qui serons-nous? »

Blaine Higgs y écrit notamment qu'il faut « revenir à un système rationnel et s'éloigner de l'utopie des droits linguistiques ». Il propose également de mettre fin à l’immersion française, et demande la tenue d’un référendum pour faire de l’anglais « la seule langue officielle » du Nouveau-Brunswick.

Une des explications avancées est que, selon lui, la province n’a pas les moyens d’être la seule officiellement bilingue au pays.

« Mon opinion a changé depuis »

Interrogé après la diffusion de ce document dans les médias, Blaine Higgs affirme que sa position sur les questions linguistiques a bien changé depuis la rédaction de ce mémoire, surtout depuis le début de sa carrière politique qui l’a amené à visiter les quatre coins du Nouveau-Brunswick.

Il admet avoir eu de « véritables préoccupations » concernant le bilinguisme officiel à l’époque et s’être même senti « menacé » en tant que jeune unilingue anglophone originaire d’un milieu rural.

Blaine Higgs a déjà appartenu au parti antibilinguisme « Confederation of Regions » pendant quelques années. Il a même tenté de se faire élire à la tête du parti en 1989.

 On apprend beaucoup de choses en 30 ans. [...] Je n’ai pas la même vision des choses aujourd’hui. 

Une citation de : Blaine Higgs, chef du Parti progressiste-conservateur

Mais il assure aujourd’hui que le Nouveau-Brunswick est « une meilleure province » grâce au bilinguisme.

Une question de « contexte »

Les membres du Parti progressiste-conservateur ne semblent pas désarçonnés par les écrits du Blaine Higgs de 1985. Ils rappellent le contexte dans lequel ce mémoire a été produit.

L’ancien député et ministre Jeannot Volpé mentionne que ces écrits font suite au rapport Poirier-Bastarache qui recommandait que le Nouveau-Brunswick aille plus loin sur la question des langues officielles.

Jeannot Volpé, ancien député progressiste-conservateurAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Jeannot Volpé soutient que la prise de position de Blaine Higgs doit être remise dans le contexte de l'époque.

Photo : Radio-Canada / Kassandra Nadeau

Selon lui, la province était beaucoup plus divisée, à l’époque, sur les enjeux linguistiques.

 Il faut se remettre dans le contexte : il y avait des discussions assez corsées à l’époque. 

Une citation de : Jeannot Volpé, ancien député progressiste-conservateur

C’est d’ailleurs l’analyse qu’en fait le politologue Roger Ouellette. « Il faut resituer le climat de l’époque, mentionne-t-il. [...] Il y avait un état d’esprit assez belliqueux à l’époque chez beaucoup d’anglophones concernant le bilinguisme dans la province. »

« On sait que M. Higgs n’a jamais été très sympathique dans le passé pour la cause du bilinguisme, mais depuis, il dit qu’il veut apprendre le français et qu’il respecte le bilinguisme. »

Une ombre sur la campagne ?

Selon le professeur de science politique, Blaine Higgs devra réaffirmer son appui au bilinguisme officiel dans la prochaine plateforme électorale du Parti progressiste-conservateur.

Il a fait une espèce de profession de foi, mais je crois que devant ces événements, il devra réaffirmer très clairement où il se situe en 2018.

Une citation de : Roger Ouellette, professeur de science politique, Université de Moncton
Le politologue Roger OuelletteAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Selon le politologue Roger Ouellette, la position de Blaine Higgs sur le bilinguisme pourra avoir des conséquences sur sa campagne en vue des prochaines élections.

Photo : Radio-Canada / Pierre-Alexandre Bolduc

« À la veille des élections, quelle est la position du chef Blaine Higgs sur la question des langues officielles et du bilinguisme dans cette province? C’est des questions auxquelles il devrait répondre », pose Roger Ouellette.

Le principal intéressé tente de tuer la controverse dans l'oeuf. « Ce n’est pas une élection sur la question linguistique, même si beaucoup de politiciens aimeraient que ce le soit », conclut Blaine Higgs.

Avec les informations de Catherine Dumas et Pierre-Alexandre Bolduc

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