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La sélection naturelle toujours à l’œuvre chez l’humain

Ilustraton de l'ADN au bout des doigts.
La sélection négative empêche les mauvaises mutations de se propager dans la population. Photo: iStock

Des signatures distinctives associées à la sélection naturelle ont été détectées dans des traits associés à la fertilité et à la fonction cardiaque du génome humain par une équipe internationale de scientifiques.

Un texte d'Alain Labelle

Pour y arriver, les deux auteurs principaux de l’étude, les généticiens Jian Yang et Jian Zeng de l’Université du Queensland en Australie, ont mis au point une méthode statistique qui permet d’examiner l’effet des variations de l’ADN sur l’architecture génétique.

Dans la sélection naturelle, les caractéristiques qui augmentent les chances de survie sont plus susceptibles d’être transmises d’une génération à une autre.

Jian Yang

« L’inverse peut également se produire lorsque des mutations de l’ADN ayant un effet négatif sur la survie sont moins susceptibles d’être transmises. Ce processus est appelé sélection négative », poursuit Jian Yang.

Le saviez-vous?

La révolution génomique en cours permet aux scientifiques de voir le processus de sélection naturelle en action en permettant de comparer le génome de centaines de milliers de personnes.

En observant l'augmentation ou la baisse de la présence de mutations spécifiques entre des générations de personnes, les chercheurs peuvent ainsi déduire quels traits se propagent ou diminuent.

Une sélection négative

Les chercheurs ont utilisé leur méthode pour analyser 28 caractères complexes dans les données de la Biobanque du Royaume-Uni (126 545 individus d’origine européenne) et 27 869 caractères d’expression génique dans les données du Consortium for the Architecture of Gene Expression.

Ils ont trouvé des preuves d’une sélection négative sur les variantes d’ADN associées à 23 caractères, y compris des caractères reproductifs, cardiovasculaires et anthropométriques.

Parmi les associations les plus fortes, notons deux traits liés à la fonction cardiovasculaire, comme le rapport taille-hanche et l’excès de graisse autour de la taille. Ces deux traits augmentent le risque de maladie cardiaque et de diabète de type 2.

Jian Yang

« La sélection négative la plus significative des mutations de l’ADN était liée à la fonction reproductrice, à l’âge de la ménopause », explique son collègue Jian Zeng.

Nous avons constaté que les variations génétiques associées à la fertilité semblent avoir fait l’objet de la plus forte sélection par rapport à ceux associés à d’autres caractères, probablement en raison de la forte corrélation entre la fertilité et l’aptitude génétique.

Jian Zeng

« La sélection négative empêche les “mauvaises” mutations de se propager dans la population, ce qui signifie que les variantes communes de l’ADN sont susceptibles d’avoir peu ou pas d’effet sur les caractères », ajoute M. Zeng.

Selon les chercheurs, ces travaux aideront à mieux comprendre la base génétique des caractères complexes et permettront de mieux concevoir les prochaines études liées aux caractères complexes et à la génétique médicale.

Le détail de ces travaux est publié dans le journal Nature Genetics (Nouvelle fenêtre).

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