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Le marché du travail s'ouvre davantage aux personnes atteintes de limitations

Une demi-douzaine de personnes participent à un programme de six mois du Service alternatif d'intégration et de maintien en emploi (SAIME)
Une demi-douzaine de personnes participent à un programme de six mois du Service alternatif d'intégration et de maintien en emploi (SAIME). Photo: Radio-Canada / Simon Turcotte

Lueur d'espoir pour les personnes qui aspirent à rejoindre le marché du travail malgré un parcours atypique ou des limitations physiques ou psychologiques. Les employeurs du Bas-Saint-Laurent seraient plus ouverts à embaucher des personnes avec des profils différents, en raison de la pénurie de main-d'œuvre dans la région.

Un texte d’Ariane Perron Langlois

Le Service alternatif d’intégration et de maintien en emploi (SAIME), qui aide notamment les personnes qui souffrent de limitations physiques ou psychologiques à regagner le marché de l’emploi, affirme que les participants à ses programmes ont plus de facilité à se trouver un emploi qu’il y a quelques années.

La directrice du SAIME, Annie Fraser, affirme qu’en raison de la pénurie de main-d’œuvre au Bas-Saint-Laurent, des employeurs sont plus enclins à accommoder un travailleur handicapé ou à donner une seconde chance à une personne qui a un parcours atypique ou un passé criminel.

« Comme employeur, quand tu dois changer tes façons de faire parce que le marché du travail t’y oblige, ça t’oblige à te questionner sur les profils que tu es prêt à accepter, sur les conditions que tu pourrais changer », explique Mme Fraser.

On observe sur tous les profils de clientèle actuellement, une plus grande facilité de placement.

Annie Fraser, directrice générale du Service alternatif d'intégration et de maintien en emploi

Sortir de l'isolement

Carol Pigeon participe à l’un des programmes du SAIME. Il a quitté le marché du travail il y a six ans en raison de problèmes personnels qui l’ont mené à un épuisement professionnel.

À 51 ans, il veut se trouver un emploi en lien avec ses formations en mécanique, en machinage et en rénovation. Son premier défi a été de sortir de l’isolement dans lequel il était plongé. « Au début, on se sent insécure, parce que c’est de l’inconnu. Quand on y va, ça prend de la détermination », explique M. Pigeon.

Carol PigeonCarol Pigeon Photo : Radio-Canada / Simon Turcotte

Je veux faire partie de la population active, me sentir utile dans la vie. Je fonce là-dedans.

Carol Pigeon

Travailler malgré les contraintes

Carole Pineault s’est retrouvée sur l’aide sociale il y a quatre ans à la suite de problèmes de santé. Elle conserve d’importantes douleurs au dos, mais ses expériences récentes de bénévolat l’ont convaincue de tenter un retour sur le marché du travail.

« Je sais que j'ai des limitations physiques, mais quand je vais aller sur le marché du travail, j'ai l'intention de donner mon 100 %. Je sais que je ne travaillerai sûrement pas à temps plein, mais j'ai encore beaucoup d'heures à donner à la société », affirme-t-elle.

Carole PineaultCarole Pineault Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Il faut que les employeurs soient plus ouverts, parce qu’il y a tellement de gens qui ne travaillent pas, et tellement de gens qui veulent travailler.

Carole Pineault

Un retour réussi

Michel Dubé fait partie des personnes qui ont réussi à retourner sur le marché du travail après avoir vécu de longues années de l’aide sociale.

Il a toutefois dû s’armer de patience, puisqu’il a fait des démarches pendant un an et demi avant de décrocher un emploi dans un organisme communautaire, qu’il occupe toujours aujourd’hui.

« Ma vie a changé, c'est un virage à 180 degrés. Moi je vivais en chambre, j'étais isolé […] Maintenant, je travaille à temps plein, ça fait trois ans que je travaille, et j'ai un super beau bébé. Je suis bien fier », raconte M. Dubé.

Michel Dubé et son fils de 9 moisMichel Dubé et son fils de 9 mois Photo : Radio-Canada / François Gagnon

Même s’il existe de l’aide pour les personnes qui veulent réintégrer le marché du travail, la directrice du SAIME affirme qu’il faudrait davantage de ressources pour assurer le maintien en emploi.

De tels programmes permettraient, par exemple, d’accompagner des employeurs pour assurer l’intégration à long terme des personnes qui ont des limitations.

Bas-Saint-Laurent

Emploi