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Macron, « dissident du système » à l'image de Donald Trump

Les présidents français Emmanuel Macron et américain Donald Trump.
Le président français retrouvera dès lundi son homologue américain à Washington. Ci-dessus, les deux hommes lors d'une rencontre à New York, en septembre dernier. Photo: Reuters / Kevin Lamarque
Reuters

À la veille de sa visite d'État à Washington, Emmanuel Macron insiste, dans une interview diffusée sur Fox News dimanche, sur la « relation spéciale » qu'il est parvenu à tisser en un an avec Donald Trump et exprime l'espoir de voir le président américain changer d'avis sur la question de l'Iran et de l'acier à l'approche de deux échéances cruciales.

« Nous sommes sur la même ligne » notamment concernant la lutte contre le terrorisme et contre l'État islamique et « nous avons une relation personnelle très forte », souligne le chef de l'État français dans cet entretien en anglais accordé depuis son bureau de l'Élysée vendredi à la chaîne conservatrice très prisée des électeurs de Donald Trump.

« Nous avons une relation très spéciale, parce que nous sommes tous les deux des dissidents du système », ajoute-t-il.

L'élection du président Trump était inattendue dans votre pays et mon élection était probablement inattendue dans le mien, et nous n'appartenons pas au système politique classique.

Le président français Emmanuel Macron

Neuf mois après leur « dîner entre amis » au restaurant de la tour Eiffel et les gestes d'amitié qui avaient rythmé la visite du couple présidentiel américain à Paris, Emmanuel Macron s'offre également un clin d'oeil au slogan de campagne de Donald Trump, en exprimant le souhait de « rendre à la France sa grandeur ».

Cette visite d'État, la première accordée à un dirigeant étranger sous la présidence Trump, sera l'occasion, poursuit le chef de l'État, « de mettre en évidence l'histoire à long terme » entre la France et les États-Unis, tous les deux attachés « aux mêmes valeurs, notamment à la liberté et à la paix ».

Au programme de ce déplacement, un dîner d'arrivée à Mount Vermont, demeure historique de George Washington, lundi soir, un entretien dans le Bureau ovale avant un dîner d'État à la Maison-Blanche, mardi, puis un discours devant le Congrès américain mercredi, avant un échange avec des étudiants.

Multilatéralisme

Lors de son allocution devant les parlementaires américains, un exercice devenu un rituel pour les présidents français de la Ve République, Emmanuel Macron entend plaider en faveur du « multilatéralisme », une manière pour le chef de l'État d'aborder les différentes crises internationales et les désaccords avec Washington.

Première pomme de discorde, l'Iran et l'accord sur le programme nucléaire de Téhéran âprement négocié en 2015, que Donald Trump menace de « déchirer » et que Paris tente avec ses partenaires européens de sauver.

Le président américain a donné aux signataires européens jusqu'au 12 mai pour « réparer les affreuses erreurs » de ce texte, faute de quoi il refusera de prolonger l'assouplissement des sanctions américaines contre la République islamique.

« Est-ce que cet accord est parfait? [...] non », souligne Emmanuel Macron sur Fox News.

Mais vous avez une meilleure option? Je ne la vois pas. Je n'ai aucun plan B pour le nucléaire contre l'Iran.

Emmanuel Macron, président de la France

« Ma position, c'est de dire : " Ne quittez pas l'accord tant qu'on n'a pas de meilleure option pour le nucléaire" et complétons l'accord avec un contrôle de l'activité balistique et politique de l'Iran dans la région », ajoute-t-il.

L'autre appel lancé par le chef de l'État à son homologue concerne la question des droits de douane sur les importations d'acier et d'aluminium, alors que Donald Trump doit décider le 1er mai le maintien ou l'abandon de l'exemption de l'Union européenne.

« On ne fait pas de guerre commerciale avec ses alliés », a une nouvelle fois souligné Emmanuel Macron.

Quant à la Syrie, où la France, les États-Unis et le Royaume-Uni ont mené mi-avril pour la première fois depuis 2011 des frappes coordonnées contre l'arsenal chimique de Bachar Al-Assad, il met en garde contre tout départ précipité.

« Le jour où nous aurons terminé la guerre contre l'État islamique, si nous partons définitivement et complètement, même sur le plan politique, nous laisserons le terrain au régime iranien, Bachar Al-Assad et ses hommes et ils prépareront une nouvelle guerre », dit le président français.

« Donc, mon point de vue, c'est que même après la fin de la guerre contre l'EI, les États-Unis, la France et leurs alliés, tous les pays de la région, même la Russie et la Turquie, ont un rôle à jouer pour créer cette nouvelle Syrie », ajoute-t-il.

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