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  • Exclusif
  • Urgences au Québec : moins d'attente sur civière, autant d'attente sur chaise

    Une patiente allongée sur une civière dans le corridor de l'urgence d'un l'hôpital

    Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Tremblay

    Radio-Canada

    Le temps d'attente sur civière diminue dans les urgences du Québec depuis trois ans, mais la situation stagne pour les patients qui sont assis dans la salle d'attente. Si l'Association des médecins d'urgence du Québec reconnaît que la situation s'est légèrement améliorée l'an passé, on craint que la pénurie de personnel ne provoque un recul dans les mois à venir.

    Un texte de Davide Gentile

    Les données de la dernière année budgétaire dressent un portrait en demi-teinte de la situation dans les urgences du Québec. « On a eu une baisse constante, régulière et spectaculaire », affirme le ministre de la Santé et des Services sociaux du Québec, Gaétan Barrette. Les qualificatifs sont peut-être un peu forts, mais la baisse du temps d'attente sur civière, qui représente le tiers de la clientèle, est réelle.

    De 15,7 heures en 2015-2016, la durée moyenne de séjour sur civière est passée à 15,6 heures, en 2016-2017, mais une baisse marquée a été enregistrée récemment. Pour l'année budgétaire qui s'est terminée le 31 mars 2018, le temps d'attente moyen est maintenant de 13,7 heures, un peu plus près de l'objectif, qui est de 12 heures.

    « C'est vrai que l'an passé, on a vu une belle amélioration du temps d'attente sur civière », constate le président de l'Association des médecins d'urgence du Québec, le Dr Bernard Mathieu.

    La situation varie cependant d'une région à l'autre. Il y a les premiers de classe, comme le Centre intégré de santé et de services sociaux (CISSS) du Bas-Saint-Laurent, où la durée moyenne de séjour sur civière est de 7,2 heures, ou le CIUSSS du Saguenay-Lac-Saint-Jean, où elle s'établit à un peu plus de 9 heures.

    Les temps d'attente les plus longs sont enregistrés en banlieue de Montréal. Dans les Laurentides, on attend en moyenne 17,7 heures sur civière, tandis qu'en Montérégie, c'est 16,9 heures. Dans toutes les régions, on note cependant des baisses allant de 2 % à 19 % de la durée de séjour moyenne sur civière dans les établissements.

    Attente sur chaise : le temps d'attente stagne

    Le bilan est moins positif quant à la durée de séjour ambulatoire. Il est question ici des patients qui attendent sur une chaise, soit les deux tiers de la clientèle. Des cas moins graves, mais pour lesquels la durée d'attente a stagné depuis trois ans.

    En 2015-2016, la durée moyenne d'attente était de 4,1 heures. Cette donnée a diminué à 4 heures en 2016-2017, puis a remonté à 4,2 heures pour l'année budgétaire se terminant le 31 mars 2018.

    Dans cette catégorie, les disparités régionales sont frappantes. Dans Chaudière-Appalaches, la durée moyenne de séjour ambulatoire est de 2,7 heures. En Gaspésie et dans le Bas-Saint-Laurent, elle se situe aussi sous la barre des 3 heures.

    C'est encore une fois dans les établissements de la banlieue de Montréal que les difficultés sont les plus manifestes. Au CISSS des Laurentides, la durée moyenne de séjour est de 5,6 heures. En Montérégie et à Laval, l'attente est aussi en moyenne de plus de 5 heures.

    Les sommes investies par Québec pour créer des places en CHSLD et en réadaptation l'an dernier auraient contribué à désengorger les urgences au milieu de l'année 2017. Avec l'arrivée de l'hiver, on a vu une détérioration importante. On est pratiquement revenu à la case départ, dit le Dr Bernard Mathieu.

    Quant à la clientèle ambulatoire, le ministre Barrette pense que ces résultats limités sont dus au manque d'efficacité de certains vaccins. « On a eu une mauvaise période de grippe », rappelle Gaétan Barrette au sujet de l'hiver dernier.

    Une épidémie accentuée par des défis en matière de recrutement de personnel. « Au niveau des infirmières, on a vécu des pénuries qu'on n'avait pas vues depuis sept ou huit ans », relate le Dr Mathieu.

    Le ministre de la Santé estime que la situation est déjà rétablie. « Quand on regarde les données préliminaires d'avril, on recommence à baisser », dit M. Barrette. Mais le défi s'accroît d'année en année, en raison du vieillissement accéléré de la population du Québec. « On s'attend à ce que plus de gens âgés consultent », dit le Dr Mathieu.

    Les chiffres semblent lui donner raison. La proportion de patients qui ont plus de 75 ans et qui se retrouvent sur une civière à l'urgence a augmenté l'an dernier.

    Politique provinciale

    Santé