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Regroupement du CHUM et du CHU Sainte-Justine : Barrette fait marche arrière

Hôpital Sainte-Justine

Le ministre Barrette avait décidé en 2015 de regrouper les conseils d'administration du CHU Sainte-Justice et du CHUM.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada
Mis à jour le 

Le ministre de la Santé procédera au dégroupement du conseil d'administration du Centre hospitalier de l'Université de Montréal (CHUM) et du Centre hospitalier universitaire (CHU) Sainte-Justine, trois ans après avoir décrété leur regroupement.

Gaétan Barrette en a fait l’annonce vendredi par communiqué, indiquant qu’un décret serait soumis pour approbation au Conseil des ministres dans les prochaines semaines.

« Les différentes étapes du processus habituel rigoureux de désignation et de nomination des membres des conseils d'administration et des présidents-directeurs généraux des deux établissements pourront suivre leur cours après son adoption », peut-on lire dans le communiqué.

Les membres des conseils d'administration pourraient être en fonction dès septembre 2018, selon l'échéancier prévu, indique encore le ministre Barrette.

Les deux établissements avaient fait l'objet d'un regroupement administratif « afin d'améliorer le continuum de soins de l'enfance à l'âge adulte », tout en conservant leur identité propre, ce qui avait fait l'objet de nombreuses contestations.

Les deux établissements continueront d'être des partenaires dans cet objectif, souligne toutefois Gaétan Barrette.

« Je tiens à féliciter toutes les équipes qui ont réussi à mener à bon port deux projets immobiliers majeurs, incluant deux déménagements complexes, mais également le projet Grandir en santé du CHU mère-enfant », a déclaré le ministre Barrette à Radio-Canada.

« Face à ces succès, nous entrons dans une nouvelle ère où il m’apparaît opportun de disposer d’un modèle administratif légèrement modifié, en revenant à un modèle plus traditionnel de deux institutions comprenant leur propre conseil d’administration et leur propre direction. Elles devront toutefois s’assurer de demeurer complémentaires dans leur mission respective », a-t-il précisé.

Soulagement chez les professionnels

La présidente du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens (CMDP) de Sainte-Justine, Valérie Lamarre, a voulu « remercier le gouvernement d'avoir révisé cette mauvaise décision de regrouper les conseils d'administration ».

C'est quand même rassurant de voir que, quand plusieurs voix s'élèvent dans le même sens, le bon sens peut prévaloir.

Valérie Lamarre, présidente du Conseil des médecins, dentistes et pharmaciens de Sainte-Justine

« Le fait que le mouvement se soit transformé en grande coalition et que des voix différentes se soient ajoutées pour dire que ce n'était pas une bonne décision, je pense que ça été aidant », a-t-elle aussi déclaré.

Sa coalition demandera cependant une rencontre avec le ministre Barrette pour en savoir davantage sur la suite des choses, car les détails de la défusion restent flous.

« Le communiqué est assez clair sur le déregroupement des conseils d'administration, mais il ne l’est pas sur ce qui en est de la direction générale, a-t-elle expliqué. [...] On souhaite vraiment discuter avec le ministre pour mieux comprendre la portée au niveau de la direction générale et s'assurer que ça va être mis en oeuvre dans les meilleurs délais. »

« On aimerait bien que le décret promis soit adopté rapidement pour vraiment rétablir un climat de confiance et de stabilité, dans les meilleurs délais », a ajouté la Dre Lamarre.

Une décision controversée

Depuis 2015 et l’annonce de ce regroupement administratif et de la nomination d’un nouveau PDG, le Dr Fabrice Brunet, de nombreuses voix s’étaient élevées contre le décret.

Les parents de patients de Sainte-Justine et des professionnels de la santé se sont mobilisés de différentes façons pour tenter d’infléchir cette décision.

Les professionnels de Sainte-Justine évoquaient une pénurie d’infirmières et craignaient que le recrutement ne se fasse au profit du CHUM.

Le CMDP avait balayé l’argument du ministre voulant que le regroupement permette d’assurer la continuité des soins auprès des enfants une fois qu'ils sont devenus des adultes.

Les parents s’inquiétaient des répercussions que pourrait avoir cette fusion sur la qualité des soins.

L'ex-ministre de la Santé et fondateur du régime d'assurance maladie, Claude Castonguay, s’était aussi exprimé contre la décision du ministre Barrette, « teintée de sexisme », estimant qu’il ne comprenait pas vraiment ce qui se passait dans la réalité du CHU mère-enfant.

L'ancienne ministre responsable des Aînés dans le gouvernement libéral de Jean Charest, Marguerite Blais, s’était quant à elle demandé pourquoi il était nécessaire de démanteler une institution qui fonctionne bien.

Avec les informations de La Presse canadienne

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