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Ces travailleuses de l'ombre qui donnent aux personnes en fin de vie

Trois femmes posent pour la caméra.

Lucille Bolduc, Julie Dallaire et Françoise Larose

Photo : Radio-Canada / Angie Landry

Radio-Canada

Donner sans rien attendre en retour pour des patients en maison de soins palliatifs. C'est ce que font chaque semaine Lucille Bolduc, 84 ans, et Françoise Larose, 70 ans, sans qui la Maison de l'Envol de Rouyn-Noranda ne pourrait aussi bien vivre.

Un texte d'Angie Landry

Lucille Bolduc est bénévole au sein d'organisations qui viennent en aide aux personnes en fin de vie depuis 33 ans.

En plus d'être la présidente de l'organisation des Amis de l'Envol, elle coordonne et forme tous les bénévoles de la maison de soins palliatifs depuis son ouverture en 2003.

Un agenda dans les mains de quelqu'un.

Lucille Bolduc gère l'horaire des bénévoles

Photo : Radio-Canada / Angie Landry

« Avec l'accompagnement des malades à la Maison, au CHLSD Pie-XII, les autres tâches en oncologie, on est rendus à environ 159 000 heures de bénévolat », raconte-t-elle, bien humblement. « Je l'ai d'écrit quelque part », soutient-elle.

Mme Bolduc avoue cependant qu'il faut « être outillé émotivement » pour accompagner les bénéficiaires.

Parce que lors de mon premier accompagnement, je n'avais pas respecté mes limites. Je peux dire que, lorsque la personne que j'accompagnais est décédée, j'ai eu quasiment plus de peine que lorsque ma mère est morte.

Lucille Bolduc, présidente des Amis de l'Envol

« C'est un peu pour ça, aussi, qu'on ne fait pas de bénévolat tous les jours. On n'accompagne pas, non plus, la même personne tous les jours », explique pour sa part sa collègue et complice, Françoise Larose, qui donne de son temps à la Maison de l'Envol depuis 15 ans.

« La première chose que l'on apprend à nos bénévoles, c'est la notion d'humanité », ajoute-t-elle.

C'est notamment après avoir surmonté un cancer que cette dernière a voulu faire une différence dans le quotidien des personnes en fin de vie.

« J'aime me sentir utile, aussi. Ça m'oblige à sortir et à garder le moral, parce que je vis seule et je serais en train de vieillir prématurément si je restais chez nous dans mes quatre murs », avoue la dame de 70 ans.

Deux femmes serrent le contenu de leur épicerie dans le réfrigérateur.

Les bénévoles défont l'épicerie

Photo : Radio-Canada / Angie Landry

Un rôle nécessaire

La coordonnatrice des soins à la Maison de l'Envol, Julie Dallaire, estime que l'apport des bénévoles est crucial.

Selon elle, les heures de bénévolat remplies par les deux femmes, mais aussi par toute l'équipe de bénévoles de la Maison, ne pourraient être accomplies par des salariés, ce qui coûterait trop cher à l'organisme.

Je pense que ça permet à la Maison de bien vivre, dans tous les sens du terme. Parce que oui, c'est un milieu où les gens sont en fin de vie. Mais chaque jour, dans le fond, ils sont vivants.

Julie Dallaire, coordonnatrice des soins

Depuis 2003, 1200 personnes ont bénéficié des services de la Maison de l'Envol de Rouyn-Noranda, dont 115 entre avril 2017 et mars 2018.

Abitibi–Témiscamingue

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