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Une zone pour sauver les bélugas à Churchill

Un béluga sous l'eau.

Lorsque la glace fond au printemps, un tiers de la population mondiale de bélugas migre vers l'ouest de la baie d'Hudson.

Photo : Productions Nova Media

Radio-Canada

L'organisme Océans Nord Canada demande au gouvernement fédéral de créer une aire marine nationale de conservation dans l'ouest de la baie d'Hudson, dans un rapport publié le 20 avril. Le but est de protéger la plus grande population estivale de bélugas de la planète.

« Près de 55 000 bélugas se trouvent dans l’ouest de la baie d’Hudson pendant l’été », note la biologiste de la vie marine d’Océans Nord, Kristin Westdal. Lorsque la glace fond au printemps, un tiers de la population mondiale de bélugas migre vers cette région pour se reproduire, manger et s’abriter des prédateurs, dit-elle.

« C’est toujours bien de s’occuper [d’une population] lorsqu’elle est en bonne santé, plutôt que d'attendre qu’il y ait des problèmes », affirme Mme Westdal.

Une aire marine nationale de conservation mènerait à l’interdiction de l’exploitation sous-marine du pétrole et du gaz naturel, à la protection des droits de récolte des Autochtones, dont les Inuits qui chassent et mangent les bélugas, et accorderait de nouveaux fonds pour la recherche sur ces baleines.

Cette mesure est nécessaire parce que le réchauffement climatique pourrait provoquer une forte hausse du trafic maritime, selon Mme Westdal, ce qui pourrait nuire aux bélugas.

Engagement du fédéral

En novembre 2015, le gouvernement libéral s’est engagé à protéger 5 % de l’environnement côtier et marin du Canada avant 2017. Un chiffre qui devrait augmenter à 10 % d’ici 2020, selon une entente internationale de la Convention sur la diversité biologique.

Moins de 1 % des eaux canadiennes sont actuellement protégées.

Le fédéral a indiqué qu’il examinait une désignation d’aire marine nationale de conservation pour Churchill. Mme Westdal affirme que le rapport est une feuille de route pour le gouvernement fédéral dans ce processus.

Le document recommande au gouvernement de consulter les communautés de la région, les Autochtones, les gouvernements des localités et la province.

« Le gouvernement fédéral s’est vraiment engagé à protéger 10 % de nos océans d’ici 2020, et Churchill pourrait être une grande pièce de ce casse-tête », déclare la biologiste.

Un atout pour le tourisme

Pour son rapport, Océans Nord a consulté des communautés de la baie d’Hudson, notamment des communautés autochtones, ainsi que des groupes de voyagistes de la région.

Il conclut que la protection des bélugas serait bonne pour l’industrie du tourisme de Churchill, qui attire plus de 10 000 visiteurs par année.

Le président de Frontier North Adventures, l’une des compagnies qui offrent des tournées pour voir les bélugas, John Gunter, souhaite que le fédéral désigne l'ouest de la baie d'Hudson comme aire marine nationale de conservation.

« Churchill tient sa réputation de ses ours polaires depuis 30 ans. C’est encourageant de voir que nos bélugas se taillent une réputation semblable », dit-il.

Avec des informations de Danelle Cloutier

Manitoba

Protection des écosystèmes