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Absence remarquée des Québécois « de souche » au Sommet du vivre-ensemble de Gatineau

Le maire de Gatineau s'adresse à la foule derrière un podium.
Le maire Maxime Pedneaud-Jobin pense qu'il est nécessaire, maintenant plus que jamais, d'encourager le dialogue entre les citoyens pour favoriser le vivre-ensemble. Photo: Radio-Canada / Christian Milette

Le premier Sommet du vivre-ensemble de Gatineau a attiré de nombreux membres des communautés culturelles, vendredi, à la Maison du citoyen, mais des participants ont noté la sous-représentation des Québécois caucasiens d'ascendance européenne.

« Dès que l’initiative a été mise sur pied, beaucoup de gens des communautés racialisées se sont mis en branle pour s’inscrire, au point qu’il n’y a plus de place », a relaté Darlene Lozis, l’une des panélistes, lors de son passage à l’émission Les matins d’ici.

« Il y a eu une réponse, parce qu’il y a cet engouement-là, les gens veulent donner du leur », a-t-elle ajouté.

Darlène Lozis dans une salle de conférenceDarlène Lozis, présidente de l'organisme 3R (archives) Photo : Radio-Canada

Certains des citoyens présents auraient toutefois souhaité une plus grande participation des Québécois issus de la majorité blanche et francophone.

« Je ne peux pas comprendre qu’on parle du vivre-ensemble et qu’on soit juste les politiciens, les ONG et les nouveaux arrivants », a souligné Martine Zadi, une autre participante. « C’est important qu’on les entende [les Québécois blancs d'ascendance européenne] aussi là-dessus. »

Une femme en entrevue à la caméra de Radio-Canada dans un auditorium. Martine Zadi pense que les Québécois blancs d'ascendance européenne doivent aussi s'engager lors d'événements comme le Sommet du vivre-ensemble. Photo : Radio-Canada

Les Québécois [blancs d’ascendance européenne] ils ont où? C’est 50 % du problème qui n’est pas touché, si les principaux acteurs ne sont pas tous rassemblés.

Martine Zadi, participante au Sommet du vivre-ensemble de Gatineau

« J’ai entendu le commentaire aujourd’hui : ''Où sont les Québécois de souche?'' C’est important de le mentionner parce que si on parle du vivre-ensemble, il faut que tout le monde soit à la table », a renchéri Marc Guerrier, un Gatinois qui assistait au Sommet.

Un homme en entrevue avec Radio-Canada avec en arrière plan un auditorium.Marc Guerrier s'est dit satisfait par le Sommet du vivre-ensemble, mais déplore l'absence de Québécois caucasiens d'ascendance européenne. Photo : Radio-Canada

Jacques Demers, lui-même un citoyen caucasien, a aussi remarqué qu’il y avait peu de participants comme lui.

« Il faut continuer le build up pour que ça devienne de plus en plus connu dans la population et qu’on aille de plus en plus de Québécois d’origine qui vont participer éventuellement », a-t-il affirmé.

Un homme en entre à la caméra dans l'agora de la Maison du citoyen de Gatineau.Selon Jacques Demers, la société québécoise aurait des problèmes à s'adapter pour mieux intégrer les personnes issues des communautés culturelles. Photo : Radio-Canada

Ça me laisse l’impression que ce n’est pas les communautés culturelles qui n’ont pas la volonté de s’intégrer, ce sont les Québécois d’origine qui résistent à les intégrer.

Jacques Demers, participant au Sommet du vivre-ensemble de Gatineau

Au-delà du Sommet

Une gamme de panels, de conférences et de discussions étaient au programme pour permettre d’échanger et d’en apprendre davantage sur les défis liés au vivre-ensemble. Les participants étaient d’ailleurs invités à indiquer les quatre enjeux et propositions qu’ils jugent prioritaires, à la fin de la journée.

L’initiative de la Ville de Gatineau a été saluée par beaucoup de participants, mais nombreux sont ceux qui croient qu’il faut en faire encore davantage pour favoriser le vivre-ensemble.

« Le Sommet, c’est une journée de travail, a rappelé la présidente du Centre islamique de l’Outaouais, Hayet Laggoune. Est-ce qu’on va arrêter là? Est-ce qu’on va se parler une fois par année et puis on arrête toute communication? » s'est demandé celle qui a également participé à l’organisation du Sommet.

Une femme portant un voile dans en entrevue dans l'agora de la Maison du citoyen de Gatineau.Hayet Laggoune espère qu'il y aura d'autres initiatives après le Sommet du vivre-ensemble pour continuer à améliorer la cohabitation des différentes communautés. Photo : Radio-Canada

Quand on parle d’une société, il faut tisser ces liens et les préserver tout au long de l’année.

Hayet Laggoune, présidente du Centre islamique de l'Outaouais

Le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin, espère pouvoir établir un plan d’action pour favoriser le vivre-ensemble à Gatineau à l’issue du Sommet.

Avec les informations de Gilles Taillon

Ottawa-Gatineau

Multiculturalisme