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Des idées et des attaques, la recette libérale pour se faire réélire en 2019

Le reportage de Madeleine Blais-Morin
Radio-Canada

À 18 mois des prochaines élections fédérales, 3000 militants libéraux profitent de leur congrès national à Halifax pour développer certains des éléments qui pourraient se retrouver dans la plateforme électorale du Parti libéral du Canada. Les troupes de Justin Trudeau peaufinent en même temps les tactiques qui seront utilisées lors du prochain scrutin.

Un texte de Mathieu Gohier, à Halifax

Allocation canadienne pour enfants, création d’emplois, investissements en infrastructures, tarification du carbone... Les libéraux sont fiers de leur bilan.

Mais ils savent aussi qu’ils ne seront pas réélus en 2019 uniquement grâce leurs réalisations. Ils insistent pour demeurer à l’écoute des Canadiens.

On a beaucoup d’élan, mais on sait qu’on a beaucoup de travail à faire dans les 18 prochains mois.

Le député albertain Randy Boissonnault

Pour se renouveler, le PLC pourrait adopter des résolutions plus à gauche, comme la décriminalisation de la prostitution entre adultes consentants ou encore le revenu minimum garanti. Il n’est pas assuré que toutes ces idées se retrouveront dans le programme libéral, mais le ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social insiste sur la valeur des débats qu’elles provoquent.

« Il va y avoir des débats qui vont porter sur des questions controversées, mais on est un parti ouvert et transparent », soutient Jean-Yves Duclos.

Mais s’il n’en tient qu’au Nouveau Parti démocratique, les idées de gauche qui se retrouvent au congrès sont loin d’être un indicateur fiable des réalisations des libéraux. Dépêché comme observateur, le député Guy Caron n’est pas du tout convaincu par ce qu'il entend.

« Sur le revenu minimum garanti, j’étais au congrès libéral en 2012 quand ç’a été adopté comme politique. En 2014, ç’a été réadopté comme politique, et c’est encore présenté maintenant. En comité, j’ai présenté moi-même une résolution pour étudier le revenu de base et les libéraux ont voté contre », rappelle-t-il.

Anna Gainey quitte la scène du centre des congrès d'Halifax après le discours d'ouverture.La présidente sortante du Parti libéral, Anna Gainey, a ouvert officiellement le congrès national des libéraux, vendredi à Halifax. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Des flèches vers Scheer

En plus des débats entourant les résolutions, ce congrès sert aussi à jeter les bases de l’organisation de la prochaine campagne, alors que trois ateliers sur la mobilisation et la préparation des troupes avaient lieu vendredi.

Qui dit stratégie dit aussi message, et les libéraux ont trouvé leur cible : associer le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, à son prédécesseur Stephen Harper.

Pour le whip libéral Pablo Rodriguez, il est impossible de dissocier les deux hommes. « C’est un parti qui est idéologiquement très à droite, comme l'était le parti de Stephen Harper; c’est la même chose », décrit-il.

Une façon de faire qui n’est pas étrangère aux méthodes prônées par l’ancien conseiller du président américain Barack Obama David Axelrod, l'un des invités vedettes de ce congrès. « Je n’aime pas les attaques personnelles, mais ce que je préfère, ce sont les prises de position basées sur les faits », a-t-il indiqué aux congressistes.

Des défis régionaux

Le Parti libéral a remporté toutes les circonscriptions dans les provinces de l’Atlantique en 2015. Un exploit qu’ils pourraient difficilement répéter en 2019, selon Laurent Le Pierrès, du Chronicle Herald d’Halifax.

Les libéraux disposent toujours de l’avantage et prendront peut-être la part du lion la prochaine fois, mais il y a des mécontents. On voit qu’il n’y a pas de vases clos en politique. Il y a des gouvernements libéraux dans les quatre provinces qui font des mécontents. Tout ça, ça se répercute aussi aux urnes.

Laurent Le Pierrès, du Chronicle Herald d'Halifax

Les libéraux, qui détiennent 18 sièges en Colombie-Britannique, pourraient-ils aussi subir les conséquences de leur appui indéfectible au projet d’oléoduc Trans Mountain?

La question a fait l’objet d’une table ronde de près d’une heure entre la ministre de l’Environnement, Catherine McKenna, le ministre des Ressources naturelles, Jim Carr, et leur collègue des Pêches et Océans, Dominic LeBlanc. Comme d’habitude, les libéraux ont répété que le développement des ressources naturelles et la protection de l’environnement pouvaient se faire simultanément, mais ils en ont aussi profité pour critiquer avec plus de virulence les conservateurs et les néo-démocrates sur la question.

Une résolution sur l’indépendance énergétique, en appui aux oléoducs interprovinciaux, sera d’ailleurs aussi débattue. Celle-ci a été déposée par les libéraux de l’Alberta.

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