Cannabis en Nouvelle-Écosse : une députée s'excuse pour des propos sur les Jamaïcains

Elizabeth Smith-McCrossin lors du congrès du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse le 10 février 2018 à Halifax
Photo : Radio-Canada / Paul Légère
En Nouvelle-Écosse, une candidate à la direction du Parti progressiste-conservateur s'est retrouvée dans l'eau chaude après avoir tenu des propos concernant la productivité et les Jamaïcains.
Elizabeth Smith-McCrossin s’est excusée pour des propos tenus à l’Assemblée législative provinciale lors d’un débat mardi (Nouvelle fenêtre) sur le projet de loi de la Nouvelle-Écosse concernant la légalisation du cannabis à usage récréatif.
« Je m’inquiète pour l’avenir de notre province et de notre pays. J’ai grandi entourée de gens travaillants qui avaient l’esprit clair, [étaient] sobres et productifs. J’ai une bonne amie à Amherst qui est de la Jamaïque. Elle m’a dit, Elizabeth, fumer de la marijuana en Jamaïque est complètement accepté, et il y a une éthique de travail complètement différente et une très faible productivité en Jamaïque. Je pense que nous avons déjà un problème de productivité ici, en Nouvelle-Écosse. On n’a pas besoin de quelque chose d’autre pour le rendre pire. »
Le cannabis est illégal en Jamaïque et sa possession passible d’emprisonnement et de lourdes amendes. Ce n’est qu’après l’adoption en 2015 de la « loi sur le ganja » que le gouvernement a entrepris d’assouplir sa position et réduit au rang d’infraction mineure la possession de quantités modestes de marijuana.
Interrogé jeudi à ce sujet, le premier ministre libéral Stephen McNeil a dit qu’il laissait à Mme Smith-McCrossin le soin de s’exprimer elle-même sur la question.
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Le premier ministre a cependant rappelé que des travailleurs de la Jamaïque sont employés chaque année par des fermes de sa circonscription, dans la vallée d’Annapolis.
« Je peux vous dire que je n’ai entendu que du positif au sujet de l’éthique de travail des Jamaïcains qui viennent travailler pour les entreprises de la vallée », a dit M. McNeil.
La députée souhaite « faire mieux »
Elizabeth Smith-McCrossin a écrit mercredi en fin de journée sur Facebook que ses commentaires de la veille avaient été perçus comme « racistes et insensibles ».
Mme Smith-McCrossin dit s’excuser pour son « choix de mots » ainsi que pour avoir donné l’impression que ses propos « étaient basés sur le pays, la race ou l’ethnicité de quelqu’un ».
La députée de Cumberland-Nord estime qu’elle « a besoin de faire mieux » pour comprendre la question du racisme en Nouvelle-Écosse si elle aspire à la direction du Parti progressiste-conservateur.
« Je vais prendre quelque temps pour rencontrer et apprendre de personnes qui ont une connaissance approfondie de cette question », écrit-elle dans un message subséquent publié sur Facebook jeudi. « Un certain nombre de personnes m’ont contactée pour offrir leur aide et suggérer des façons dont je pourrais faire cela », dit-elle en remerciant ces individus.
Le Parti progressiste-conservateur se dissocie des propos de la députée
Dans un communiqué, la cheffe intérimaire du Parti progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse, Karla MacFarlane, s'est dissociée des propos tenus par Mme Smith-McCrossin à l'Assemblée législative.
« Je suis attristée et déçue des commentaires » de Mme Smith-McCrossin, affirme Mme MacFarlane, qui soutient Tim Houston dans la présente course à la direction du Parti.
« Ce ne sont pas les positions du caucus progressiste-conservateur de la Nouvelle-Écosse », écrit-elle. Le « caucus croit que la diversité culturelle, raciale, ethnique et religieuse rend notre province plus forte ».












