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Vers des solutions pour l'alphabétisation en milieu minoritaire

Un homme fait des exercice de français dans une classe d'alphabétisation pour adultes.

Un rapport du Comité des langues officielles à Ottawa souligne l'importance de l'enseignement aux adultes dans les milieux minoritaires, au même titre que l'éducation primaire, secondaire et de la petite enfance.

Photo : Radio-Canada

Radio-Canada

Un rapport du Comité permanent des langues officielles, à Ottawa, souligne l'importance de l'enseignement aux adultes en milieu minoritaire, au même titre que l'éducation primaire, secondaire et de la petite enfance. Le document révèle le manque de ressources en alphabétisation et en développement des compétences et formule sept recommandations.

L’enjeu de l’éducation pour les adultes dans les communautés de langue minoritaire suscite l’inquiétude d'organismes au pays depuis plusieurs années.

En 2014, le Bureau de l’alphabétisation et des compétences essentielles, porteur du dossier, a cessé d’offrir un financement de base aux groupes qui oeuvrent dans ce secteur, pour privilégier le financement par projet.

Le Réseau pour le développement de l’alphabétisme et des compétences (RESDAC) dénonçait cet automne le manque de financement du fédéral, soulignant qu’il s’est retrouvé sans employés, faute de ressources.

Le rapport du Comité des langues officielles (Nouvelle fenêtre), publié jeudi, se penche sur ces enjeux. Il est articulé autour de sept recommandations et propose notamment que l’enseignement aux adultes soit reconnu comme une partie intégrante du continuum en éducation dans les milieux minoritaires.

Le Comité recommande d’élargir la portée des programmes, pour inclure non seulement l’aide à l’emploi, mais aussi un appui sur le plan familial et communautaire. Le rapport suggère aussi de réexaminer les modes de financement et de travailler sur une stratégie pancanadienne.

Le président du RESDAC, Donald Desroches, parle d'une « lueur d’espoir ». « Notre voix pancanadienne est affaiblie, on n’a plus de ressources humaines », rappelle-t-il.

Si on veut qu’un continuum [en éducation] fonctionne, il faut de l’appui tout le long. Et donc le jeune décrocheur qui n’a pas terminé sa 12e année, rendu à 25 ans, il a autant le droit à l’éducation en langue française.

Donald Desroches, président du RESDAC

Le mandat plus large des programmes d’alphabétisation suggéré ici est un pas dans la bonne direction, selon lui.

Donald Desroches, dans un bureau, parle face à la caméra.

Donald Desroches est président du Réseau pour l’alphabétisme et le développement des compétences (RESDAC)

Photo : Radio-Canada

« Tout comme les écoles françaises ont le mandat de construction identitaire chez les jeunes, on a aussi, au niveau des adultes, un intérêt de faire en sorte que la langue soit transmise de génération en génération. »

« Donc l'intérêt pour [un apprenant], c’est de trouver un emploi, oui, mais qu’il puisse aussi aider ses enfants avec les devoirs, qu’il puisse participer à des conseils d’administration communautaires, qu’il puisse exprimer pleinement sa citoyenneté francophone quand il se présente dans un service du gouvernement, qu’il puisse revendiquer des services en français, etc. »

La question de l’alphabétisme est plus holistique, plus globale du côté des francophones [en situation minoritaire].

Donald Desroches, président du RESDAC

Dans le même esprit, le rapport suggère d’ailleurs de remettre le dossier de l’alphabétisme des adultes au ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social (plutôt que d’être chapeauté par le ministre de l’Emploi, Développement de la main-d’œuvre et du Travail) - une idée que Donald Desroches juge intéressante.

Pluri-elles, un organisme manitobain qui offre des programmes d’alphabétisation et de compétences, accueille aussi ce rapport d’un bon oeil.

Mona Audet, dans une salle de classe. Au fond, à l'arrière-plan, un tableau blanc.

Mona Audet, directrice générale de Pluri-elles, est satisfaite des idées avancées dans le rapport du Comité des langues officielles.

Photo : Radio-Canada / Fernand Detillieux

« Je pense qu’il y a les bonnes réponses », commente la directrice générale, Mona Audet.

« Il faut savoir que nous, on est payés par la province pour donner des cours, mais le fédéral nous permet de faire du réseautage, de l’évaluation, de développer des programmes, de vraiment se regarder et d’améliorer nos pratiques; on avait tout perdu ça avec les coupures », souligne-t-elle.

Elle se réjouit que le rapport remette l’apprenant au centre du portrait. « Moi, j’ai toujours dit qu’il y n’avait plus personne au national qui parlait au nom des apprenants. »

« C’est tout simplement quelqu’un qui a besoin d’apprendre, qui a une soif d’apprendre, dit-elle. C’est ça, l’alphabétisation. Puis s’il s'améliore, il est capable peut-être d’avoir un meilleur emploi, d'aider ses petits-enfants. »

J’ai hâte que le gouvernement, que ce soit le fédéral ou le provincial, valorise l’alphabétisation. Souvent, il en a honte.

Mona Audet, directrice générale de Pluri-elles

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