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Exclusif

De plus en plus d’armes à feu saisies pour prévenir les crimes à Trois-Rivières

Une intervention policière.

Une intervention policière.

Photo : iStock

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Le nombre de saisies d'armes à feu préventives réalisées par les policiers de Trois-Rivières a doublé au cours des deux dernières années. Même si les propriétaires ont les permis pour posséder ces armes, les agents exercent davantage leur droit de les saisir.

Un texte de Claudie Simard

Une femme en détresse appelle les policiers : son conjoint la menace et elle craint pour sa sécurité. Elle mentionne qu’il possède une arme de chasse entreposée dans la propriété.

Sur place, les policiers trouvent et saisissent l’arme à feu en question. Ils effectuent alors une saisie préventive.

Il peut aussi s’agir d’une personne en détresse qui menace de s’enlever la vie. Tout type d’intervention lors de laquelle les policiers jugent qu’une personne n’est pas mentalement apte à détenir une arme à feu peut mener à une saisie préventive.

Les armes saisies à Trois-Rivières sont principalement des armes de chasse. Lors de la comparution du propriétaire de l’arme, le juge décide si, et à quel moment, l’individu peut la récupérer.

« On voit que c’est une préoccupation »

Luc Mongrain, responsable des relations publiques à la police de Trois-RivièresAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Luc Mongrain, porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières

Photo : Radio-Canada

Comment expliquer cette hausse des interventions préventives ? Il n’y aurait pas nécessairement plus d’armes en circulation, ou plus de propriétaires susceptibles de l’utiliser pour commettre un crime.

Par contre, les policiers ont été encouragés à faire ces saisies préventives au cours des dernières années, selon le responsable des relations publiques à la police de Trois-Rivières, Luc Mongrain.

« On a un sergent qui est responsable de lire tous les rapports, il est au contrôle de la qualité. Et lorsqu’il constate que dans un cas précis il aurait dû y avoir saisie d’armes, rapidement le dossier sera retourné aux policiers en disant : “ regarde je pense que la situation aurait nécessité une saisie préventive ” », explique-t-il.

La révision des dossiers se fait aussi à la Sûreté du Québec. Cependant, au moment d’écrire cet article, l’organisation n’était pas en mesure de nous confirmer si les saisies préventives avaient augmenté au cours des dernières années.

Mieux protéger les femmes

Les armes à feu sont utilisées pour faire des menaces dans certains cas de violence conjugale.

C’est la réalité d’une femme sur cinq ayant été hébergée à la Séjournelle, un centre de Shawinigan qui vient en aide aux femmes victimes de violence.

L’augmentation du nombre de saisies préventives est donc une « excellente nouvelle » selon la directrice, Denise Tremblay.

Pour les femmes, c’est rassurant

Une citation de : Denise Tremblay, directrice de la Séjournelle
La directrice de la Séjournelle, Denise TremblayAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La directrice de la Séjournelle, Denise Tremblay

Photo : Radio-Canada

Elle ajoute que « ce n’est pas juste l’arme à feu telle quelle, mais l’idée qu’on pourrait se servir d’une arme à feu », avant de poursuivre : « ce qui est aussi très dommageable et dont on ne parle pas, c’est quand il y a des armes à feu dans la maison et qu’il y a eu des menaces sous-entendues. Ça laisse une empreinte aussi » explique Denise Tremblay.

La Séjournelle est membre de la Coalition pour le contrôle des armes.

« Ça ne ramènera pas notre Thierry »

Michel Leroux est le père du policier Thierry Leroux, mort lors d’une intervention visant à maîtriser un individu suicidaire et armé à Lac-Simon en 2016.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Michel Leroux est le père du policier Thierry Leroux, mort lors d’une intervention visant à maîtriser un individu suicidaire et armé à Lac-Simon en 2016.

Photo : Radio-Canada

Michel Leroux estime par contre que les saisies préventives ne sont pas suffisantes.

Son fils Thierry est mort lors d’une intervention visant à maîtriser un individu suicidaire et armé à Lac-Simon en 2016.

Dans une lettre qu’il a récemment envoyée au ministre canadien de la Sécurité publique Ralph Goodale, Michel Leroux explique que l’arme qui a servi à tuer son fils avait été saisie, puis remise à son propriétaire.

C’est donc Thierry lui-même qui a dû redonner les armes à cet individu sur l’ordre de ses supérieurs

Une citation de : Extrait de la lettre de Michel Leroux au ministre de la Sécurité publique Ralph Goodale

Michel Leroux milite pour que la Loi sur les armes à feu soit plus stricte et qu’il soit plus difficile d’obtenir un permis pour en posséder une.

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