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Environ 5 % des rues portent des noms de femmes à Rimouski

Les plaques de la rue Julien-Réhel et du boulevard René-Lepage Est à Rimouski

Les plaques de la rue Julien-Réhel et du boulevard René-Lepage Est à Rimouski

Photo : Radio-Canada / Sandra Fillion

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

À Rimouski, il y a plus de femmes que d'hommes, selon les données de 2011 de l'Institut de la statistique du Québec. Pourtant, environ 5 % des rues portent des noms de femmes.

Un texte d’Édith Drouin

Une résidente de Rimouski, Jeannette Parent, a dénoncé plus tôt cette semaine, à l'émission Le monde aujourd'hui, que peu de rues à Rimouski étaient nommées à la mémoire de femmes.

Après vérification, Radio-Canada a calculé qu'effectivement, sur un total de 632 rues, 30 ont des noms de femmes et 269 des noms d'hommes. Pour ce qui est des autres, 328 rues ont une appellation neutre, tandis que l’origine de cinq noms de rues reste indéterminée (Lemieux, Morneau, Poirier, Vigno et Jalna).

Le calcul inclut les noms de saints et de saintes. Les artères possédant des points cardinaux, comme Est et Ouest, sont calculées comme une seule rue.

Sources : Histoire de Rimouski par le nom de ses rues, Richard Saindon, 1995 et Commission de toponymie du Québec

Les femmes et l'histoire

Selon le président du comité de toponymie de la Ville de Rimouski, Jean-Marc Leblond, peu de rues portent des noms qui font référence à des femmes, puisque leur présence dans la vie active est « nouvelle ».

À Rimouski, l’implication des femmes, elle est nouvelle. Avant ça, elle était cachée, si on peut dire.

Jean-Marc Leblond, président du comité de toponymie de la Ville de Rimouski

Jean-Marc Leblond précise qu’une personne doit être décédée pour qu’on attribue son nom à une rue. Il soutient qu’il sera possible d’utiliser plus de noms de femmes à l’avenir, puisqu’elles occupent maintenant une place plus importante dans l’espace public.

Jacinthe Montplaisir, agente sociopolitique au Centre-femmes de Rimouski, réplique que les femmes ont toujours été actives dans la communauté rimouskoise, mais qu'elles ont longtemps été dans l’ombre, en raison de la façon dont l'histoire était écrite.

Ce n’est pas nouveau que les femmes sont “invisibilisées” dans l’histoire. L’histoire a été écrite par les hommes en majorité.

Jacinthe Montplaisir, agente sociopolitique au Centre-femmes de Rimouski

Elle observe par ailleurs que peu des noms de rues au féminin font référence à des femmes qui ont marqué l’histoire locale. Il s'agit plutôt de femmes qui ont marqué plus généralement l’histoire du Québec.

Une question de thème

Les trois nouvelles rues du parc industriel se verront attribuer des noms d’hommes, soit ceux de Hervé Dickner, Égide Jean et Ludger Turcotte. Jean-Marc Leblond justifie ces choix par le fait que peu de femmes se sont démarquées dans le développement industriel de Rimouski.

« On est dans un parc industriel. Si on se réfère à l’économie du temps et des développements, c’était, dans notre région, beaucoup d’hommes qui étaient présents, qui étaient actifs », affirme Jean-Marc Leblond.

C'est le cas dans plusieurs autres domaines, et c'est pourquoi les thèmes choisis par la Ville devraient se rapprocher des domaines dans lesquels les femmes ont longtemps évolué, selon Jacinthe Montplaisir.

« Quand on regarde seulement du côté des propriétaires terriens ou des riches commerçants, c’est sûr qu’on trouve moins de femmes. Si on va plutôt du côté de l’éducation ou du volet caritatif, les femmes se sont énormément impliquées », soutient-elle.

Mme Montplaisir précise avoir rencontré le comité de toponymie en 2012 et lui avoir soumis une liste de noms de femmes qui ont marqué l'histoire de Rimouski. Elle affirme que le président du comité s’était montré ouvert à attribuer plus de noms de femmes, mais qu'aucun des noms n’a par la suite été adopté.

Plus de noms de femmes

Récemment, le tiers des nouvelles rues du quartier se situant dans les anciens prés du Rosaire se sont vu attribuer des noms de femmes, selon Jean-Marc Leblond.

Il ajoute qu’une cinquantaine de parcs seront aussi bientôt nommés et que la moitié d’entre eux porteront des noms de femmes.

M. Leblond confirme que le comité de toponymie de la Ville de Rimouski compte 11 membres, dont une seule femme.

Sources : Histoire de Rimouski par le nom de ses rues, Richard Saindon, 1995 et Commission de toponymie du Québec

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