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360 millions sur 5 ans pour « accélérer » l'économie montréalaise

La mairesse devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain.
Valérie Plante a présenté jeudi la Stratégie de développement économique 2018-2022 de la Ville de Montréal. Photo: Radio-Canada / Julie Marceau
Radio-Canada

Montréal vient d'adopter sa première véritable stratégie de développement économique, affirme la mairesse de Montréal, Valérie Plante, qui a présenté son plan jeudi devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM).

Un texte de Jérôme Labbé

La salle principale du Centre Sheraton était pleine pour la conférence de Mme Plante; 868 personnes – un record – ont assisté à la présentation, a déclaré en ouverture Michel Leblanc, président et chef de la direction de la CCMM. C'était encore plus que lors du premier discours de l'ex-maire Denis Coderre devant la même chambre.

Dans son allocution, la mairesse a vanté les mérites de sa nouvelle stratégie, baptisée Accélérer Montréal, qui vise à « saisir les nouvelles opportunités afin d'accélérer le développement économique de la métropole de façon durable, inclusive et innovante ».

Cette stratégie a été rendue possible par l'entente Réflexe Montréal, signée dans la foulée de l'adoption de la loi sur le statut de métropole l'automne dernier, a fait valoir Mme Plante.

Elle prévoit notamment un investissement de 360 millions de dollars d'ici 2022, « un budget annuel supplémentaire de 40 millions par rapport aux dernières années », indique le communiqué de l'administration. Près de la moitié de ce budget – 150 millions – sera financée par le gouvernement du Québec.

De plus, « une trentaine de ressources » seront ajoutées au réseau PME MTL, dont le rôle est de financer et d'accompagner des entreprises.

« Il faut que Montréal se redonne la mission de faire du développement économique du territoire. Il y a un potentiel énorme, présentement. À titre d'exemple, il y a à peu près 53 millions de pieds carrés de terrains vacants à Montréal et 7,3 millions de bâtiments vacants. C'est énorme! Alors on a une possibilité, et ça, ça passe par le redéveloppement des espaces industriels », a déclaré celle qui a récemment rapatrié la gestion du Technoparc.

La Ville de Montréal souhaite se concentrer sur cinq secteurs stratégiques au cours des cinq prochaines années, soit :

  • les transports et la mobilité;
  • les industries culturelles et créatives;
  • l'industrie numérique;
  • les sciences de la vie et les technologies de la santé;
  • les technologies propres.

Elle s'est aussi fixé les objectifs suivants :

  • Accroître le taux d'emploi de 61 % à 65 % de la population de 15 ans et plus;
  • Accroître la part des emplois à temps plein dans le total des emplois de 81 % à 82 %;
  • Diminuer la part de la population sans diplôme secondaire de 15 % à 12 %;
  • Augmenter le taux de diplomation universitaire de 29 % à 32 %.

Plus de 500 personnes ont été consultées pour la rédaction de la Stratégie de développement économique 2018-2022 de la Ville de Montréal, a précisé Mme Plante lors de son allocution.

La mairesse en a également profité pour annoncer que la nouvelle signature visuelle pour la rue Sainte-Catherine sera présentée jeudi prochain et pour rappeler que sa première mission économique aura lieu en juin, au Japon.

Une salle de bal bondée.Plus de 860 personnes se sont déplacées pour écouter Valérie Plante jeudi. Photo : Radio-Canada / Julie Marceau

Le discours de Valérie Plante a été fort couru malgré l'accueil mitigé réservé à la candidature de la chef de Projet Montréal lors de la campagne électorale de l'automne dernier.

Le premier budget de son administration avait aussi été mal accueilli par le milieu des affaires. Mais pas cette fois.

« Ce sont toutes les bonnes décisions à prendre, a déclaré le président de la CCMM, Michel Leblanc, après la conférence. Il faudra voir à l'avenir, quand il va y avoir des plans d'action... Souvent, le jugement qui est porté n'est pas sur la grande stratégie elle-même, mais sur les moyens, les actions qu'on va poser. Et ça, la mairesse l'a dit, dans les prochaines semaines, les prochains mois, on va en savoir davantage. »

Ces plans d'action, qui seront au nombre de huit, devraient en effet être dévoilés d'ici l'été.

« Après six mois au pouvoir, on s'attendait à beaucoup plus », a déclaré de son côté le chef de l'opposition officielle à l'Hôtel de Ville, Lionel Perez.

La stratégie que la mairesse a présentée aujourd’hui n’en est pas une. C’est un diagnostic de 38 pages sur la situation économique de Montréal.

Lionel Perez, chef par intérim d'Ensemble Montréal

M. Perez a qualifié la stratégie d'« exercice de relations publiques », déplorant du même souffle qu'elle ne cible pas « les vraies préoccupations de la communauté d’affaires », soit la fiscalité et la lourdeur administrative.

« Les commerçants, les entrepreneurs et les gens d’affaires n’ont pas besoin de plans d’action saupoudrés de beaux mots-clés, a-t-il soutenu. Ils veulent des mesures concrètes qui vont leur permettre de développer leurs projets à Montréal, sans se faire mettre des bâtons dans les roues par la bureaucratie municipale. »

Avec la collaboration de Benoît Chapdelaine, Julie Marceau et Marie-Claude Morin

Grand Montréal

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