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Mylène Flicka rêve l’Afrique

Pour promouvoir de jeunes talents, la Béninoise Mylène Flicka a fondé un site web, Irawo, qui est aussi devenu un lieu de prise de parole. Rencontre.

Un texte de Michel Désautels, animateur de Désautels le dimanche

Dès la conception de notre série Rêver l’Afrique, nous savions que la jeunesse prendrait une grande place dans les reportages et entrevues consacrés au continent du 21e siècle. Quand la moitié de la population a moins de 25 ans, on peine à imaginer l’effet qu’aura l’arrivée de tout ce sang neuf dans la direction que prendront les communautés africaines au cours des prochaines décennies.

C’est pour cette raison que j’avais extrêmement hâte de rencontrer Mylène Flicka.

Gros plan sur Mylène FlickaMylène Flicka Photo : Radio-Canada / Pascal Golliet

La jeune femme de 21 ans est née et a grandi au Bénin. Elle vit aujourd’hui en France, où elle étudie les communications et le marketing. Comme beaucoup de jeunes, à 16, 17 ans, elle passait beaucoup de temps sur Internet.

Le jour de la fête du Travail, en 2014, elle tombe sur la déclaration d’un homme d’affaires béninois qui affirme que les femmes ne devraient pas avoir droit à un travail rémunéré. Révoltée, elle lui répond que de tels propos sont inacceptables aujourd’hui et qu’il devrait se souvenir qu’il est un fils de… femme! Et que les femmes en Afrique ont toujours occupé une place prépondérante, que c’est par elles que naissaient les rois.

Mylène Flicka croit que beaucoup de sociétés africaines ont été corrompues par des valeurs extérieures, comme des arguments religieux fallacieux et des réflexes hérités de la colonisation. Mais il est fini le temps où l’on envoyait les filles à l’école en les poussant à obtenir des diplômes pour ensuite leur demander d’attendre sagement un bon parti pour le mariage.

La réaction a été immédiate : 5000 visites sur son site la journée de la publication de son texte. Elle vient de réaliser la force que peut avoir une prise de parole sur la place publique numérique.

Faire entendre sa voix

La jeune femme va quitter son poste de stagiaire au ministère des Affaires étrangères pour se consacrer à plein temps à son site, Irawo, qui se veut une vitrine pour les jeunes talents de son pays. L’intérêt est immédiat et s’étend à d’autres pays d’Afrique de l’Ouest.

Les portraits, photos, interviews, vidéos de jeunes de moins de 30 ans qui évoluent dans toutes sortes de domaines vont se multiplier. Ce qui se voulait un bottin de ressources intellectuelles, culturelles et entrepreneuriales devint aussi un lieu de prise de parole.

Lorsque j’ai rencontré Mylène Flicka à Paris, fin mars, j’ai été impressionné par l’énergie et la vision de cette femme de 21 ans. Et lorsque je l’ai amenée sur le terrain d’une éventuelle implication politique, son regard s’est allumé encore davantage.

Je venais d’ouvrir tout un champ du possible. Une prairie riche où les complexes d’hier ne fleurissent plus, où les jeunes pousses technologiques sont autant de tuteurs pour les idées qui gouverneront l’Afrique de demain. En fait, nous y sommes déjà.

L'entrevue de Michel Désautels avec Mylène Flicka a été présentée à Désautels le dimanche sur ICI Radio-Canada Première.

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