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Hécatombe de coraux dans la Grande Barrière australienne

Un plongeur se promène dans le secteur Coral Gardens, près de l’île Lady Elliot, dans la Grande Barrière de corail, en Australie, en juin 2015.

Un plongeur se promène dans le secteur Coral Gardens, près de l’île Lady Elliot, dans la Grande Barrière de corail, en Australie.

Photo : Reuters / David Gray

Agence France-Presse

La Grande Barrière australienne, joyau du patrimoine mondial de l'UNESCO, a subi des dommages « catastrophiques » pendant une vague marquée de chaleur en 2016, révèle une étude de la revue scientifique Nature publiée jeudi.

Environ 30 % des coraux du vaste ensemble sont morts durant la vague de chaleur survenue entre mars et novembre 2016, le premier épisode de deux années consécutives de blanchissement.

Inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1981, le récif s'étend sur environ 348 000 kilomètres carrés le long de la côte australienne et constitue le plus vaste ensemble corallien du monde.

D'après l'étude publiée par Nature, le corail, qui sert d'habitat à d'autres créatures marines, a été durement touché par la hausse des températures de l'eau consécutive au réchauffement climatique.

Terry Hugues, coauteur de l'étude et directeur du Centre d'excellence pour les études sur les récifs coralliens de l'Université James Cook, a expliqué à l'Agence France-Presse que les plus menacés étaient les coraux à branches, par exemple les tables de corail qui fournissent leurs cachettes aux poissons juvéniles.

Les coraux les plus susceptibles de tenir le choc sont lisses, en forme de melon, a poursuivi le chercheur. Ces coraux n'ont pas trop de mal à construire leur squelette, mais « ils ne sont pas très utiles pour l'habitat », ajoute M. Hugues.

Pendant le blanchissement de 2016, les coraux de la partie septentrionale de la Grande Barrière ont subi une vague catastrophique de pertes, poursuit l'étude.

« Ce dépérissement corallien a provoqué des changements radicaux dans la variété des espèces dans des centaines de récifs individuels, où des communautés récifales matures et diversifiées se transforment en systèmes plus dégradés, où seules quelques espèces endurantes survivent », écrit Andrew Baird, autre scientifique.

Qu'est-ce que le blanchissement?

Le blanchissement est un phénomène de dépérissement qui se traduit par une décoloration des coraux. Sous la pression de facteurs comme le réchauffement, les coraux stressés expulsent les algues avec lesquelles ils ont une relation symbiotique et qui leur donnent couleur et énergie.

L'étude appelle à la protection des coraux survivants, estimés à environ 1 milliard.

« C'est ceux-là qui vont réalimenter et réhabiter des récifs altérés », dit M. Hugues, ajoutant qu'il faut améliorer la qualité de l'eau en réduisant la pollution côtière.

Les efforts pour limiter le réchauffement climatique, comme l'Accord de Paris, sont également cruciaux.

« Nous avons eu quatre épisodes de blanchissement (1998, 2002, 2016 et 2017) dans la Grande Barrière avec une hausse globale des températures de 1 °C », souligne M. Hugues.

Si nous continuons avec nos émissions comme si de rien n'était, je ne crois pas que la Grande Barrière y survivra.

Terry Hugues

Les récifs recouvrent moins de 0,2 % de la surface des océans, mais abritent 30 % des espèces animales et végétales marines, les protégeant des prédateurs et leur servant de garde-manger. Ils contribuent à la protection des côtes, à l'alimentation des hommes ainsi qu'au tourisme.

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