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Le savoir ancestral innu enseigné aux gardes-parc

L'enseignant Marc-André Racine apprend aux quinze étudiants à identifier les différentes essences d'arbres.

Photo : Radio-Canada / Jean-Louis Bordeleau

Radio-Canada

Pour la première fois au Québec, une quinzaine d'étudiants obtiendront, à la fin de l'année scolaire, un diplôme de garde-parc incluant un volet « Premières Nations ». La formation professionnelle leur permettra de s'insérer dans le marché du travail, tout en marchant sur les traces de leurs ancêtres.

Un texte de Jean-Louis Bordeleau

Au programme : pêche, chasse, trappe, survie, cuisine et connaissance de la faune et de la flore. Dans cette formation bilingue français-innu, tout s'enseigne selon les méthodes québécoise et innue.

« On ne regarde pas nos livres tous les matins pour dire on enseigne ça, ça ou ça, explique l'aînée et enseignante Évelyne St-Onge. Un cours de langue, ça serait différent, mais ça, c'est des façons de vivre, des façons de faire. »

Il faut adapter la structure à la culture.

Marc-André Racine, enseignant

« C'est particulier enseigner chez les Innus, parce qu'on est un peuple rieur, ricaneur, reconnaît l'enseignant innu Fred McKenzie. Quelqu'un qui n'est pas habitué à ça, il "tough"­ pas longtemps, parce qu'on dérange souvent. »

Des étudiants innus discutent devant une tente Shaputuan.Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La plupart du temps, les étudiants sont en forêt pour perfectionner sur le terrain leurs connaissances.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

L'enseignement théorique ne totalise que 15 % des 1 320 heures de cours.

Esprit de famille

Fred McKenzie, enseignant en Protection et exploitation des territoires fauniques, volet Premières Nations
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Fred McKenzie, enseignant en Protection et exploitation des territoires fauniques, volet Premières Nations

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Offert par le Centre régional d'éducation pour adultes de Uashat-Maliotenam, le cours vise à rendre les étudiants autonomes pour qu'ils approfondissent eux-mêmes leurs savoirs.

« Chez nous, Koubaniesh, c'est l'étudiant qui suit le chasseur, qui apprend, raconte Fred McKenzie. À un moment donné, quand t'as assez appris de connaissances, tu ne deviens plus Koubaniesh, tu deviens maître, tu deviens autonome ».

Les étudiants proviennent de la quasi-totalité des villages innus. « Quand ils ont décidé de prendre des élèves [...] ils ont décidé d'avoir chaque personne qui a une expérience à donner pour une autre personne. Rendue là, chaque personne est un peu un professeur. C'est encore plus concluant », ajoute l'étudiant Jonathan Moreau, originaire d'Essipit.

Une femme livre un livre sur lequel on distingue des images de plantesAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'enseignement théorique ne totalise que 15% des 1300 heures de cours.

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

Le savoir des aînés

Préparer un cours du genre est inédit pour ce peuple qui ne fréquente l'école que depuis quelques générations.

Pour transmettre le savoir à l'oral, les enseignants font aussi appel à des aînés pour enseigner l'histoire, les légendes et les valeurs, entre autres.

L'aînée et enseignante Évelyne St-OngeAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

L'aînée et enseignante Évelyne St-Onge

Photo : Radio-Canada / Daniel Fontaine

C'est comme ça vient. On n'a pas de livres. Un cours de langue, ça serait différent, mais ça, c'est des façons de vivre, des façons de faire.

Évelyne St-Onge, aînée et enseignante

De l'avis des fondateurs du programme, le nouveau programme de DEP est un succès. Des 16 étudiants qui ont commencé le cours à l'automne, 15 obtiendront leur diplôme d'ici quelques semaines.

La plupart ont déjà trouvé un travail ou un stage.

Les responsables du programme indiquent que la formation serait renouvelée pour au moins trois ans. Les enseignants songent même à refonder le cours pour laisser toute la place aux Premières Nations.

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