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Réactions mitigées face à la Politique de mobilité durable en Abitibi-Témiscamingue

Philippe Couillard s'adresse aux journalistes.
Le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, entend fournir à 70 % des Québécois au moins quatre services de mobilité durable pour se déplacer d'ici 2030. Photo: Radio-Canada

La Politique de mobilité durable annoncée mardi par le premier ministre Philippe Couillard, qui prévoit des investissements de près de 10 milliards de dollars en 12 ans, reçoit un accueil mitigé en Abitibi-Témiscamingue.

Avec les informations de Jocelyn Corbeil

Québec veut notamment réduire de 20 % le temps de déplacement moyen entre le domicile et le travail.

Il compte y parvenir par différents moyens, dont des investissements dans le transport en commun, une diminution des déplacements solo en voiture et une diversification des choix de moyens de transport pour les citoyens.

Ce sont les grands centres qui obtiennent la part du lion, avec des investissements de 2,2 milliards de dollars au cours des 5 prochaines années, dont 982 millions de dollars d'argent neuf.

Le gouvernement Couillard assure néanmoins que le plan n'oubliera pas les régions et que sa portée vise l'ensemble des transports de la province.

On parle à ce chapitre d'amélioration d'infrastructures routières, de voies ferrées, d'installations portuaires ainsi que d'aéroports, pour un financement de 1,5 milliard de dollars d'ici 2023, dont 383 millions de dollars de nouveaux fonds.

Bel effort, mais pas assez de soutien

Le président de la Chambre de commerce et d'industrie de Rouyn-Noranda, Jean-Claude Loranger, apprécie l'effort, mais aurait aimé un meilleur soutien pour les régions, surtout pour le transport ferroviaire.

« Si on prend les cibles qui sont retenues au niveau de la mobilité durable, on veut diminuer l'empreinte de carbone. Il faut, à ce moment-là, réduire le transport routier et augmenter un peu plus le transport au niveau ferroviaire. On le retrouve pour les grands centres, mais on ne le retrouve pas pour les régions au niveau du transport ferroviaire », ajoute-il.

Le terminus d'Autobus Maheux à Rouyn-NorandaLe terminus d'Autobus Maheux à Rouyn-Noranda (archives) Photo : Radio-Canada / Félix B. Desfossés

Chez le transporteur régional Autobus Maheux, on salue l'augmentation des investissements pour le transport interurbain, mais on se questionne sur les modalités pour l'obtention du financement.

« Il y a quand même une bonification du budget de 20 %. Il parle de 18 millions pour l'interurbain sur 5 ans. C'est toujours de belles nouvelles de voir que les budgets sont bonifiés, par contre, ce qu'on ne sait pas à ce moment-ci, ce qui est important pour nous, c'est plus les modalités », commente François Barrette, directeur régional division autocar chez Autobus Maheux.

Impacts environnementaux

Le directeur du Groupe ÉCOcitoyen de Rouyn-Noranda, Maurice Duclos, croit cependant que les impacts seront mitigés dans une région comme l'Abitibi-Témiscamingue.

En tant que groupe à tendance environnementale, le côté "favoriser le transport en commun", c'est quelque chose d'intéressant. Vaut mieux mettre plusieurs personnes dans un autobus que tout le monde se promène en auto solo.

Maurice Duclos, directeur du GÉCO

« Par contre, dans une région comme l'Abitibi-Témiscamingue, le transport en commun, à part à la Ville de Rouyn-Noranda, l'impact risque d'être un peu plus mitigé. D'autre part, comme les gens sont habitués d'utiliser leur voiture, l'idée d'électrifier, d'avoir plus d'autos électriques sur les routes avec les distances qu'on a à faire ici dans la région, ça pourrait avoir un impact au niveau écologique », souligne-t-il.

Le Conseil régional de l'Environnement de l'Abitibi-Témiscamingue (CREAT) se réjouit de cette nouvelle politique québécoise de mobilité durable, notamment parce qu'elle tient compte de l'ensemble des modes de déplacements. Le CREAT émet toutefois quelques bémols sur le transport actif, qui occupe une très petite partie de la politique de mobilité durable.

Show de boucane

Pour sa part, le député péquiste d'Abitbi-Ouest, François Gendron, dénonce le peu de place accordé aux régions dans cette politique de mobilité durable.

Le député d'Abitibi-Ouest, François GendronLe député d'Abitibi-Ouest, François Gendron (archives) Photo : Radio-Canada / Sandra Ataman

« Leur politique, ce n'est que de répéter des généralités importantes contenues dans le budget. Pour les deux grands centres du Québec, Montréal et Québec, je n'ai rien contre ça, mais je regrette, le Québec ce n'est pas Montréal et Québec. C'est une grande pièce de théâtre à laquelle on a assisté avant les élections. C'est un bon show de boucane », martèle François Gendron.

Le gouvernement assure néanmoins que le plan n'oubliera pas les régions et qu'il vise l'ensemble des transports de la province.

Abitibi–Témiscamingue

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