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Le manque de personnel, une réalité dans plusieurs CPE

Des enfants écoutent une éducatrice leur faire la lecture
Une soixantaine d'éducatrices travaillent au CPE Rayon de soleil à Victoriaville. Photo: Radio-Canada / Josée Ducharme
Radio-Canada

Alors que les éducatrices de 13 Centres de la petite enfance (CPE) de la Mauricie et du Centre-du-Québec s'apprêtent à débrayer pendant deux jours, des intervenants du milieu estiment qu'une large réflexion s'impose. La pénurie de main-d'œuvre se fait ressentir dans de nombreux CPE et la relève n'est pas au rendez-vous.

Au CPE Rayon de soleil à Victoriaville, la soixantaine d’éducatrices doivent composer tous les jours avec le manque de main-d’œuvre.

Les finissantes se font rares, les réorientations de carrière sont nombreuses et l'épuisement est répandu. Tous les jours, la directrice générale du CPE doit user de diplomatie pour s’assurer que le personnel est suffisamment nombreux.

« Au moins une fois sur trois, on leur demande : est-ce que t'es vraiment dans l'obligation de prendre ton congé? Est-ce que tu peux changer ta journée de congé avec une collègue? », indique-t-elle.

Des ratios imposés par le ministère de la Famille compliquent davantage les choses. Les CPE doivent ainsi s’assurer que deux membres du personnel de garde sur trois détiennent un diplôme d’études collégiales en techniques d’éducation à l’enfance ou une formation équivalente.

Marie-Pier Boucher dans le vestiaire du CPELa directrice générale du CPE Rayon de soleil de Victoriaville, Marie-Pier Boucher Photo : Radio-Canada

Le contexte politique et l’incertitude des dernières années concernant l'avenir des CPE auraient aussi eu un impact sur la main-d’œuvre.

« Il y a eu des gens qui sentaient que peut-être leur poste pouvait être coupé en raison de toutes les coupures qu'on a eues, explique Marie-Pier Boucher. Il y a eu des départs, des questionnements. »

Je dirais que là, on est au point de rupture.

Patrick Paulin, coordonnateur des communications, Regroupement des CPE

À la recherche de solutions

Le problème n’est pas ressenti qu’au CPE Rayon de soleil. La situation inquiète les intervenants dans l'ensemble de la région de la Mauricie et du Centre-du-Québec, d'autant plus que Québec s'est engagé à créer sous peu 2000 nouvelles places en CPE dans la province.

« Il faut que tous les partenaires, notamment le ministère de la Famille et les syndicats, se mettent à la table », note le coordonnateur des communications du Regroupement des centres de la petite enfance, Patrick Paulin.

L’assouplissement des ratios et de la reconnaissance des acquis professionnels du personnel pourraient permettre de soulager les CPE, selon Marie-Pier Boucher et Patrick Paulin, qui croient toutefois qu’une plus vaste réflexion s’impose sur la façon dont on peut valoriser le travail d’éducatrice.

Avec les informations d'Amélie Desmarais

Mauricie et Centre du Québec

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