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C'est trop long pour obtenir le statut de résident, disent des Iraniens

Selon le Congrès canado-iranien, ils seraient près de 300 Iraniens, déjà au Canada, à patienter pour obtenir, ou non, leur statut de résident permanent.

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Ils sont près de 300 Iraniens, déjà au Canada, à patienter dans le processus d'enquête du fédéral en attendant d'obtenir, ou non, leur statut de résident, d'après le Congrès canado-iranien. Certains parlent d'injustice, d'autres de délais déraisonnables. Le fédéral, lui, se veut rassurant et affirme avoir entendu les craintes des Iraniens.

Un texte d'Audrey Paris

La réponse du fédéral donne espoir à Adel Panahi, de Saskatoon. Cet Iranien vit au Canada depuis 2011 et est diplômé de l'Université de la Saskatchewan. Il a fait sa demande de résidence permanente en décembre 2016. Depuis, il attend toujours. Il dit communiquer chaque jour, sur les réseaux sociaux notamment, avec de nombreux Iraniens au Canada qui se trouvent dans la même situation.

Adel Panahi croit que la période d’attente des Iraniens avant d’obtenir le statut de résident permanent au Canada est deux fois plus longue que pour les personnes d'autres nationalités. Il souligne que, dans son cas, cette incertitude agit comme un poison dans sa vie, qui l'empêche d'avancer.

Un photo portrait de l'Iranien Adel Panahi.
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Adel Panahi est arrivé au Canada en 2011 pour étudier et travailler en gestion publique. Il souhaite maintenant obtenir son statut de résident.

Photo : Radio-Canada / Albert Couillard

Six mois pour une réponse

Les ministères de l’Immigration et de la Sécurité publique indiquent que, dans 80 % des demandes de résidence permanente, la période d’attente est de six mois. « Dans 20 % des cas, le traitement des demandes prend plus de temps », ajoutent-ils.

« Les enquêtes de sécurité sont effectuées au cas par cas, et la période d’attente peut varier en fonction de différents facteurs, notamment la facilité avec laquelle les renseignements peuvent être vérifiés », dit une déclaration écrite commune des deux ministères.

« Le gouvernement du Canada est déterminé à appliquer des procédures d’immigration équitables et non discriminatoires tout en préservant la sûreté et la sécurité des Canadiens. »

— Une citation de  Déclaration commune des ministères de l’Immigration et de la Sécurité publique

Une des étapes avant d’obtenir le statut de résident est le processus d’enquête de sécurité sur le personnel, effectué par l’Agence des services frontaliers (ASFC). L'agence confirme que les demandeurs de nationalité iranienne sont nombreux à attendre dans ce processus avant d’obtenir le statut de résident.

C'est le cas d'Adel Panahi. Il déplore le fait que des Iraniens qualifiés et instruits semblent être « tombés dans l'oubli » dans ce processus. Il souhaite recevoir une réponse rapidement, qu'elle soit positive ou négative.

« Au moins, avec une réponse, je vais pouvoir faire des projets. Ma femme et moi sommes éloignés depuis quatre ans. Nous attendons de voir si je suis accepté au Canada avant d'entreprendre d'autres démarches. »

— Une citation de  Adel Panahi

«  Ils ont droit à une réponse  »

L’avocat en immigration et en droit international public Vincent Valaï représente une centaine d'Iraniens au Canada qui estiment subir des délais déraisonnables. Il croit qu'il y a un manque d’équité dans le processus d’enquête de sécurité. Selon lui, ce problème crée beaucoup de préjudices pour les demandeurs iraniens.

« C’est très louable que le Canada fasse les enquêtes sécuritaires en bonne et due forme, mais ça ne peut pas durer indéfiniment », explique l’avocat. Il admet que l’absence de bureau du gouvernement canadien en Iran peut expliquer, en partie, cette période d’attente. C’est l'ambassade du Canada à Ankara, en Turquie, qui assure les services consulaires pour l’Iran.

La semaine dernière, il a d'ailleurs rencontré des représentants des ministères de l’Immigration et de la Sécurité publique, en compagnie du Congrès canado-iranien, pour demander que le fédéral agisse rapidement.

Me Valaï ajoute que cet enjeu va au-delà du fait de recevoir ou non le statut de résident canadien. Il précise que c’est l’attente qui est inacceptable. Il croit que les demandeurs iraniens ont le droit d'obtenir une réponse.

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