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Quel rapport les millénariaux entretiennent-ils avec l’emploi?

Quel rapport les milléniaux entretiennent-ils avec l’emploi?

Ils sont nés entre 1982 et 2004. On les dit gâtés, capricieux et égocentriques. Le sont-ils vraiment? On a voulu savoir ce que la génération du millénaire recherche dans un emploi.

Un texte de Patricia Bitu Tshikudi

À 23 ans, Solaine Laroche cumule les emplois comme certains collectionnent des chaussures. Elle a eu sept emplois en neuf ans.

« Pour moi, l'argent et un revenu, ce n'est pas aussi important que mon bien-être », confie-t-elle.

Étudiante en soins infirmiers, elle partage son temps entre ses cours et son emploi de serveuse. Comme bien des jeunes de son âge, elle veut un emploi dynamique qui lui offre de la flexibilité.

« J'aime aussi beaucoup voyager. Donc, si je suis à un emploi et ils ne peuvent pas me donner, disons, trois mois de congé ou quelque chose comme ça, je vais juste quitter l'emploi et trouver quelque chose d'autre quand je reviens », explique-t-elle en riant.

Elle n'est pas la seule de sa génération à avoir cette vision.

« Je ne veux pas dire qu'on est égoïstes, mais je pense qu'on pense vraiment à ce qui est mieux pour nous », explique Sophie Dumontier, designer graphique de 23 ans.

La jeune femme constate qu’au-delà de la stabilité, ce que les jeunes de sa génération recherchent avant tout, c’est un certain confort.

Je ne pense pas qu'on est nécessairement une génération qui ne veut pas rester dans une carrière pour 10, 15, 20 ou 30 ans. C'est plutôt juste qu'on est déterminés à trouver une position qui est idéale pour nous.

Sophie Dumontier, 23 ans

Changement de mentalité

« Avant, ils [les jeunes] devaient payer de leur propre poche pour leurs études, pour leur loyer, pour leur voiture », souligne pour sa part Janelle Rémillard, 26 ans.

Un jeune homme et une jeune femme sourient à la caméra.Janelle et Colin Rémillard sont copropriétaires des Jardins St-Léon. Photo : Radio-Canada / Patricia Bitu Tshikudi

« Maintenant, on remarque que les parents aident plus du côté financier. Alors, les jeunes sont moins affamés pour des heures de travail », ajoute-t-elle.

Propriétaire des Jardins St-Léon, à Winnipeg, Janelle Rémillard et son frère, Colin, 23 ans, ont repris l'entreprise familiale il y a trois ans, avec deux autres jeunes de leur famille.

Les nouveaux propriétaires ont dû revoir leur manière de gérer leur personnel pour leur offrir plus de flexibilité.

« On était moins flexibles avec ça, de partir [en voyage] pendant des semaines et des mois, et avoir un emploi pour le restant de l'été. Alors, là, on est de plus en plus flexibles avec ce genre d'affaires », explique Janelle Rémillard.

Changer de modèle de travail

Pour le professeur en ressources humaines de l’Université de Saint-Boniface Fayçal Zellama, les employeurs et le marché du travail n’auront pas d’autre choix que de s'adapter à la génération du millénaire.

« Les jeunes veulent des emplois soft, à temps partiel, sur appel, parce qu'ils veulent faire autre chose [...] et on le voit dans leur attitude », constate-t-il.

Ça bouge et il faut qu'on s'adapte, qu'on redéfinisse le modèle de travail.

Fayçal Zellama, professeur en ressources humaines, Université de Saint-Boniface

Les millénariaux seraient-ils pour autant moins loyaux envers leurs employeurs?

Pas nécessairement, croit Fayçal Zellama. « Tous ces concepts=là [comme celui de la] loyauté que les "GRHistes" [personnes qui travaillent en ressources humaines] ont inventé, c'est pour mesurer la productivité », explique-t-il.

« Ce qu'on cherche, c'est la productivité. Et je ne pense pas que les jeunes d'aujourd'hui soient moins productifs », conclut-il.

Société