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Une oreille attentive pour les sportifs victimes d’abus

Une femme dans un vestiaire sombre.
Un nouveau service d'écoute et d'aide sera lancé au Québec le 1er mai. Photo: iStock

Le monde du sport québécois aura bientôt accès à un service d'écoute et d'accompagnement pour aider les victimes d'abus ou de violence. Développé par l'organisme indépendant Sport'Aide, l'outil sera lancé le 1er mai.

Un texte de Jean-Philippe Martin

Ce service d’écoute, d’accompagnement et d’orientation sera destiné à tous les membres de la communauté sportive québécoise, qu’ils soient athlètes, entraîneurs, administrateurs, parents, officiels ou même bénévoles.

Toute personne victime ou témoin d’abus de toutes sortes dans la pratique sportive pourra être écoutée et accompagnée en toute confidentialité.

Les personnes-ressources pourront être jointes de toutes les régions du Québec par téléphone, mais aussi par message texte, par clavardage ou par l’entremise du site web de l’organisme.

« C’est le fruit d’un labeur qui dure depuis quelques années, ce n’est rien d’improvisé », explique Sylvain Croteau, directeur et cofondateur de Sport’Aide.

La prise de conscience se fait dans le milieu sportif québécois depuis quelques années déjà.

Sylvain Croteau, directeur et cofondateur Sport'Aide

Si la réflexion est déjà entamée, le cas de l’ex-entraîneur de ski alpin Bertrand Charest, reconnu coupable en 2017 de crimes sexuels commis sur des athlètes, a accéléré la création de l’outil, précise M. Croteau.

En octobre dernier, c'est le gouvernement du Québec qui a donné le mandat à Sport’Aide de réaliser le projet. « C’est sûr que quand il survient des événements qui marquent autant, on a encore plus d’écoute et de volonté pour que de telles situations ne se reproduisent pas. »

Une équipe déjà en place

Le service ne sera opérationnel que le 1er mai, mais l’équipe formée de six intervenants et d’une coordonnatrice est en fonction depuis le 20 mars.

« Actuellement, on est en rodage, avec des simulations et des cas réels aussi qui nous sont soumis. On est en train de se faire la main », précise M. Croteau.

L’équipe d’intervenants pourra aussi compter sur l’appui d’autres services d’aide pour gérer des situations plus précises, comme la cyberintimidation ou l’homophobie par exemple.

Sylvain Croteau rappelle que Sport’Aide n’est pas un tribunal. Mais dans certains cas, le dialogue pourrait mener à un plan d’action avec une organisation sportive ou même avec les autorités policières.

Le service ne se limitera pas à un échange de textos ou à une prise d’appel téléphonique. Nous allons aller au-delà de ça pour solutionner les situations qui vont le nécessiter.

Sylvain Croteau, directeur, Sport'Aide

Unique en Amérique du Nord

Pour l’instant, le DG de Sport’Aide ignore combien de cas l’équipe pourrait traiter au cours de sa première année d’existence.

Selon Sylvain Croteau, les services d’écoute et d’accompagnement dédiés spécifiquement au milieu sportif sont presque inexistants à travers le monde.

« Il n’y a pas de comparable. Il y a une seule autre organisation sur la planète qui offre un service comme le nôtre et elle est au Royaume-Uni. Alors, on n’a aucune idée sur l’affluence. On part à l’aventure le 1er mai. »

Sport’Aide fera la promotion de son nouvel outil par l’entremise des médias sociaux.

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