•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

La pratique en région devrait être valorisée très tôt auprès des futurs médecins

Une médecin examine une patiente avec un stéthoscope.
Une médecin examine une patiente avec un stéthoscope. Photo: iStock
Radio-Canada

Un sommet sur la médecine d'urgence en régions rurales et éloignées se tient mercredi à Québec. Le recrutement et la rétention y tiennent une place importante. Selon la docteure Émilie Desrosiers, il faudrait valoriser la pratique en région très tôt dans le parcours des futurs médecins.

Un texte de Brigitte Dubé, d'après une entrevue réalisée par Isabelle Lévesque

Chirurgienne générale à l’Hôpital de Notre-Dame-du-Lac, la docteure Émilie Desrosiers participe à ce sommet en y présentant une conférence où elle expliquera les avantages et inconvénients de la pratique en région.

« Ce n’est pas très valorisé, d’aller faire des stages en région et, en tant qu’étudiants, nous n’y sommes pas exposés, déplore-t-elle. Il faut avoir un petit côté aventureux, avoir une prédisposition ou provenir des régions pour aller explorer l’opportunité d’y travailler. »

La docteur Émilie DesrosiersLa docteur Émilie Desrosiers Photo : page Facebook

On dit souvent que la médecine en région n’est pas assez valorisée. « C’est vrai, admet-elle, mais elle l’est de plus en plus, avec la médecine familiale. Par exemple, l’Université Laval offre des formations décentralisées. Les futurs médecins font leur résidence pendant deux ans à Rimouski et ça offre un bon taux de rétention en région. »

Par contre, Mme Desrosiers indique que c’est plus difficile pour les spécialités. « Il y a de plus grands défis pour les spécialistes en région, rappelle-t-elle. C’est une pratique souvent isolée géographiquement et professionnellement. On n’a pas toujours quelqu’un derrière l’épaule pour nous dire "Tu fais la bonne affaire." »

Un patient est allongé pour passer un examen par résonance magnétiqueLe plus gros consommateur d'hélium est le scanner par résonnance magnétique. Le milieu médical utilise ainsi un cinquième de la production d'hélium. Photo : iStock

La médecin ajoute par ailleurs qu’il est difficile de justifier l’achat d’équipement en région pour un seul spécialiste. « On constate effectivement qu’une certaine obsolescence de l’équipement peut survenir si on n’est pas à l’affût des nouveautés », mentionne-t-elle.

En revanche, Émilie Desrosiers conteste un argument selon lequel les médecins peuvent perdre leurs acquis en travaillant en région. « Au contraire, dit-elle, j’en ai gagné depuis que j’ai commencé. »

L’éloignement nous contraint à suivre de nouvelles formations. C’est très stimulant.

La docteure Émilie Desrosiers

Dans sa conférence, la médecin suggère des stratégies. « Il est important d’exposer les futurs médecins quand ils sont étudiants, considère-t-elle. Peut-être qu’ils choisiront une spécialité plus tard. À ce moment-là, ils seront déjà sensibilisés. »

Il faudrait aussi rendre sa région accueillante et faire valoir les incitatifs financiers, qui sont alléchants, selon Émilie Desrosiers.

Cette dernière est originaire de Saint-Jean-Port-Joli. « On étudie en ville pendant six ans et on finit par avoir l’impression qu’il n’y a que ça qui existe », constate-t-elle.

Jeudi, un autre congrès de médecine d’urgence réunira des spécialistes qui pratiquent en ville et en région.

Gaspésie et Îles-de-la-Madeleine

Médecine