50 organismes communautaires dénoncent des conditions de travail insoutenables

Des organismes réclament plus d'investissements de la part du gouvernement dans les organismes communautaires.
Photo : Courtoisie
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.
Salaires peu élevés, budget limité, manque de personnel, sous-financement : une cinquantaine d'organismes communautaires de la région de Québec font front commun pour dénoncer leurs conditions de travail toujours plus difficiles d'année en année.
Un texte d’Alain Rochefort
Des organismes comme le Centre ressources pour femmes de Beauport, Viol-Secours et Violence Info apposent conjointement leur signature à une déclaration publique pour « ouvrir les yeux du gouvernement » sur leur importance dans la société.
« Travailler dans le communautaire, c’est souvent un état d’urgence continuel, c’est avoir l’impression d’être le dernier recours pour beaucoup de personnes abandonnées par la société. […] C’est jouer un rôle essentiel, mais qui n’est pas valorisé ni reconnu à sa juste valeur par nos gouvernements et dans la société », peut-on lire dans la déclaration dévoilée publiquement mercredi.
Épuisement et précarité
L’épuisement professionnel et la précarité vécus au quotidien par les travailleurs communautaires sont insoutenables et mettent leur santé mentale à risque, affirment-ils. Ils doivent pourtant eux-mêmes venir en aide à des gens qui ont des problèmes de santé mentale.
« Pour compenser ce manque de reconnaissance et de ressources, plusieurs personnes se dévouent au travail et peinent à fixer des limites au point de menacer leur propre santé mentale », soulignent les organismes signataires.
Ils donnent en exemple une cuisinière qui souffre d'un mauvais rhume depuis un mois, mais qui n'arrive pas à se faire remplacer.
« Si elle prend congé, c'est [la directrice] qui rentre à 5 h 30 pour préparer les repas [...] On est en dilemme dans ce genre de situation, soit un des membres de l'équipe comble, et donc est à risque de s'épuiser, soit on décide de couper le service », expliquent les organismes.

On réclame plus d'argent pour les 4000 organismes communautaires du Québec.
Photo : Courtoisie
Sous-financés depuis 25 ans
On dénombre 4000 organismes communautaires au Québec. Selon leur calcul, ils auraient besoin d'investissements de l'ordre de 475 millions de dollars pour répondre aux besoins de la population.
Le responsable des communications pour le Regroupement des organismes communautaires de la région 03, Raphaël Létourneau, souligne que ce sous-financement perdure depuis au moins 25 ans.
« C’est pire d’année en année parce que les subventions que [les organismes] reçoivent du gouvernement du Québec sont peu indexées et ne suivent pas l’augmentation du coût de la vie ou des coûts minimums pour augmenter les salaires ou encore entretenir le bâtiment, par exemple », explique-t-il.
Le gouvernement du Québec a annoncé quelques investissements dans le communautaire dans la dernière année, mais ça ne représente même pas 5 % des besoins en ce moment.
M. Létourneau estime également que ce manque de ressources financières mène à un haut taux d’arrêt de travail ainsi qu’à de nombreuses démissions.
C’est donc tout le rapport de confiance entre le bénéficiaire et le travailleur communautaire qui doit être reconstruit chaque fois, déplore-t-il.