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Mélina Roberge condamnée à 8 ans de prison pour importation de cocaïne en Australie

Mélina Roberge (à gauche) et Isabelle Lagacé ont été arrêtées, en Australie, avec une importante quantité de cocaïne dans leurs valises, en août 2016. Photo: Radio-Canada / instagram
Radio-Canada

Une juge australienne a condamné la Québécoise Mélina Roberge à 8 ans de prison pour avoir pris part à une opération d'importation de cocaïne lors d'une croisière de luxe à travers le monde. La juge a aussi vivement critiqué les jeunes qui, comme elle, cherchent l'attention sur les médias sociaux... peu importe le prix.

Un texte de Julie Dufresne, d'Enquête

Originaire de Granby, la jeune femme de 24 ans ne sera pas admissible à une libération conditionnelle avant mai 2021.

« L’un de ses motifs était de montrer sur Instagram qu’elle voyageait dans des destinations exotiques, d’obtenir de l’attention et des “j’aime” sur Instagram », a souligné la juge Catherine Traill.

« Il est triste que [les jeunes] recherchent une existence si vide de sens, où les “j’aime” déterminent leur valeur. Il est triste qu’une jeune femme de 22 ans accepte de participer à une opération d’importation de cocaïne pour pouvoir afficher sur les médias sociaux des photos glamour d’elle-même et obtenir des “j’aime” », a-t-elle ajouté.

Elle voulait faire l’envie des autres : je doute que ce soit le cas aujourd’hui.

La juge Catherine Traill

La juge Traill a ajouté que cette affaire mettait en lumière l'influence négative des médias sociaux sur les jeunes femmes.

95 kg de cocaïne

Il faut dire que l’arrestation de Mélina Roberge et d’Isabelle Lagacé à Sydney a fait les manchettes en grande partie parce que les jeunes femmes avaient mis en ligne des photos d’elles tout au long de leur luxueuse croisière, qui s’est notamment arrêtée à New York, en Équateur, en Colombie, au Chili, au Pérou, à Tahiti et en Australie.

Lors des observations sur la peine, le mois dernier, Mélina Roberge avait admis savoir que son rôle consistait à jouer la vacancière, à n’être qu’une façade (un « cover up ») pendant que d’autres individus s’occupaient de la drogue.

Parmi eux : Isabelle Lagacé, 30 ans, avec qui elle partageait sa cabine et qui purge déjà une peine de 7 ans et demi d’emprisonnement, et André Jorge Tamine, un Montréalais de 63 ans qui a aussi plaidé coupable le mois dernier.

En tout, les trois Québécois sont accusés d’avoir eu dans leurs bagages 95 kilos de cocaïne (30 kilos dans la cabine des jeunes femmes, 65 kilos dans la cabine d’André Tamine), de la drogue qui pouvait avoir une valeur de 30 millions de dollars sur le marché.

Plaider coupable tardivement

Dans sa décision, la juge Catherine Traill a indiqué qu'elle retenait notamment comme facteurs aggravants la quantité de drogue importée et la connaissance de l’accusée de l’opération d’importation de cocaïne. Surtout, contrairement à Isabelle Lagacé, elle a tardé à plaider coupable : elle ne l’a fait que trois jours avant l’ouverture prévue de son procès, en février dernier.

En contrepartie, la juge Traill retient comme facteurs atténuants le fait que Mélina Roberge ignorait la quantité de cocaïne importée – elle a dit en cour qu’elle croyait qu’il s’agissait de 2 kilos – et que son rôle était essentiel pour l’opération, mais pas autant que celui joué par Isabelle Lagacé.

Devant la juge Catherine Traill, Mélina Roberge a raconté en mars que c’est un homme plus vieux qu’elle qui l’a recrutée pour cette opération, un homme qu’elle surnomme « Sugardaddy ».

Ce « Sugardaddy », avait-elle témoigné, l’a convaincue de monter à bord en lui disant que quelqu’un d’autre serait la mule, soit Isabelle Lagacé, selon elle.

En larmes, elle avait exprimé des remords, tout en admettant qu’elle savait qu’il y avait de la cocaïne à bord, sans savoir quelle quantité.

Le troisième Québécois coaccusé dans cette affaire, André Jorge Tamine, recevra sa peine cet automne.

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