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Vélo-Québec déçu par la nouvelle politique de mobilité durable

Un cycliste circule dans les rues et porte un casque.
Selon Vélo-Québec, le gouvernement québécois ne porte pas ses investissements à la hauteur de ses intentions en matière de transport actif. Photo: Getty Images / Josie Desmarais
Radio-Canada

Le gouvernement québécois promet des milliards pour rendre les transports plus propres et modernes, mais Vélo-Québec, principal porte-voix des cyclistes dans la province, n'est pas pleinement satisfait.

La politique de mobilité durable présentée mardi par Québec ne promet tout simplement pas assez d’argent pour transformer le grand paysage du monde cyclable, estime la présidente-directrice générale de l'organisation, Suzanne Lareau. « On est déçu. Ça ne répond pas à nos attentes », résume-t-elle.

Si on veut faire une différence, si on veut que, dans les prochaines années, des gens adoptent le vélo pour se déplacer, il va falloir qu’on investisse de façon un peu plus massive que ce que l’on a fait dans les dernières années.

Suzanne Lareau, PDG de Vélo-Québec

Quatre fois plus d'argent réclamé

Cent millions de dollars par année : voilà ce que réclame Vélo-Québec pour que soient construits un peu partout dans la province des « réseaux structurants », avec des pistes séparées des automobiles, pour permettre aux cyclistes de se rendre en toute sécurité à leur travail, à l'école et dans les zones commerciales.

La politique gouvernementale prévoit plutôt un peu plus de 125 millions de dollars sur cinq ans, soit environ 25 millions par année.

Ces sommes englobent le soutien aux municipalités pour adapter leurs infrastructures afin de les rendre plus propices au transport actif, mais aussi le développement des services de vélos en libre-service, comme BIXI, dans d’autres villes. L’enveloppe globale comprend aussi l’aide au développement et à l’entretien de la Route verte.

La politique du gouvernement fait la part belle au transport collectif, qui reçoit des investissements majeurs, notamment le financement de la ligne bleue du métro de Montréal ou celui du Réseau express métropolitain (REM). D’ici 2023, Québec entend investir plus de 9,7 milliards de dollars, dont 2,9 milliards de nouveaux crédits, afin de réduire à la fois la congestion routière et les émissions de gaz à effet de serre.

« C’est sûr qu’il y a beaucoup d’argent investi dans le transport collectif, on est très content pour ça, c’est clair, dit Suzanne Lareau, mais quand on regarde ce qui va être investi pour développer des infrastructures cyclables pour encourager les gens à adopter le vélo comme moyen de transport, c’est décevant. »

L'exemple de l'Ontario

Mme Lareau rappelle que le gouvernement ontarien a annoncé un investissement de 93 millions de dollars dans ses réseaux cyclables pour la seule année budgétaire 2017-2018. « On regarde toujours ce qui se fait en Europe, mais l’Ontario, notre voisine, s’est dit qu’elle avait du retard et qu’il fallait investir. C’est la même chose au Québec », ajoute-t-elle.

Il y a quelques mois, Vélo-Québec publiait un mémoire intitulé Vision vélo 2025, dans lequel il présentait sa vision d’un Québec où les cyclistes peuvent compter sur des infrastructures de qualité supérieure et où le vélo est une composante majeure de la mobilité durable.

L’organisme a d’ailleurs participé à des rencontres consultatives avec le ministère des Transports lors de l’élaboration de sa politique de mobilité durable.

« Ce qui me décourage un peu, c’est qu’on a changé le nom du ministère pour le ministère de la Mobilité durable, mais on dirait que les intentions et les actions sont déconnectées », s’étonne Suzanne Lareau.

Une bande cyclable de couleurLe politique de mobilité durable prévoit de nouvelles sommes pour améliorer les infrastructures de transport actif. Photo : getty images/istockphoto / Starflamedia

Ce qui est prévu pour le vélo

La politique de mobilité durable prévoit 125,2 millions de dollars sur cinq ans pour des mesures qui concernent le vélo.

Les municipalités bénéficient déjà d’un programme qui leur permet d’intégrer des mesures de transport actif dans leurs infrastructures lorsqu’elles les rénovent. Il sera bonifié de 38,5 millions de dollars pour atteindre 61,2 millions en cinq ans.

Le vélo en libre-service, comme BIXI, pourrait être déployé dans plusieurs endroits au Québec. Le gouvernement injecte 13 millions de dollars en cinq ans – une somme toute neuve – pour aider des agglomérations à se doter d’un tel service.

La Route verte, qui célèbre ses 25 ans cette année, poursuivra son développement dans la province. Environ 900 km seront ajoutés aux 5300 km déjà construits. Pour ce faire, la politique de mobilité durable prévoit 5 millions de dollars supplémentaires sur cinq ans, ce qui porte le total de l’enveloppe à 17,5 millions.

Le programme d’entretien de la Route verte, que le présent gouvernement avait aboli en 2015, avant de le réinstaurer un an et demi plus tard, sera bonifié. Le gouvernement injecte 3 millions de plus d’ici cinq ans, ce qui porte le budget prévu à 18 millions.

Enfin, le programme de conservation des infrastructures de transport actif sera bonifié pour totaliser 15,5 millions de dollars en cinq ans. Le programme permet, entre autres, d’asphalter des pistes cyclables en poussière de roche, mais surtout de maintenir les pistes actuelles en bon état.

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