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Être étudiante et habiter une résidence pour aînés

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Joliane Plante s'est rapidement adaptée à son nouveau milieu de vie à la résidence Les Marronniers.

Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Trudel

Radio-Canada
Prenez note que cet article publié en 2018 pourrait contenir des informations qui ne sont plus à jour.

Joliane Plante a 20 ans. Ses 115 colocataires ont en moyenne 82 ans. Depuis le mois de février, l'étudiante loge gratuitement à la résidence Les Marronniers à Trois-Rivières, en échange de 10 heures de bénévolat par semaine. Elle est l'heureuse élue qui a su se distinguer après une petite annonce qui a fait beaucoup jaser.

Un texte de Marie-Ève Trudel

L'offre de loyer gratuit à la résidence a abondamment circulé sur les médias sociaux.

Une vingtaine de candidats ont été retenus pour une entrevue de groupe. Joliane Plante, qui étudie en psychoéducation, s'est démarquée par sa joie de vivre, sa bonne humeur et son intérêt marqué pour les personnes âgées.

« Tout de suite, ça m'a attiré, dit-elle. Oui, le loyer gratuit, mais travailler avec les personnes âgées. C'est une clientèle que j'aime ». Et c'est réciproque.

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Jeannine Roy avait arrêté de jouer du piano en raison de pertes de mémoire. Depuis l'arrivée de Joliane, elle a renoué avec sa passion.

Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Trudel

« Depuis qu'elle est ici, ça nous rajeunit, dit une résidente, Germaine Bellemare. C'est bon pour le moral, ça fait du bien de voir des jeunes! »

« On dirait qu'il y a plus d'amour dans la bâtisse. Elle a apporté quelque chose de bien gros. »

— Une citation de  Jean-Louis Arcand, résident
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Joliane Plante aime particulièrement chanter et jouer de la musique avec les résidents.

Photo : Radio-Canada / Marie-Ève Trudel

Reste que la vie en résidence pour aînés est à l'autre bout du spectre de la vie en résidence pour étudiants. Pourtant, elle ne se verrait pas ailleurs.

« Je suis chez nous! Mes amis le savent que je suis dans une résidence et c'est bien correct comme ça », dit-elle.

Bien sûr, le calme est de mise à la résidence, mais ce serait le cas dans tout autre logement, nuance-t-elle. « Il n'y a pas de restriction, il n'y a pas de couvre-feu », explique Joliane, qui invite parents et amis à l'occasion.

Pour la direction de la résidence, pas question de revenir en arrière.

« C'est un extra chez nous, dit la directrice générale, Nancy Comtois. C'est un membre de plus dans la famille ».

« Ils prennent soin de moi autant que moi, je prends soin d'eux. »

— Une citation de  Joliane Plante, étudiante
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Le bénévolat de Joliane Plante prend différentes formes. On la voit ici jouer aux cartes avec la résidente Thérèse Tousignant.

Photo : Radio-Canada / David Dufresne-Denis

Un modèle qui s'exporte?

L'initiative inspirée des Pays-Bas serait unique au Québec, mais peut-être plus pour longtemps.

« J'ai été interpellée par d'autres résidences qui avaient des questions à poser », dit Nancy Comtois.

Le projet intrigue à ce point que la directrice générale a été invitée à participer à un forum sur la cohabitation intergénérationnelle qui aura lieu le 25 mai à Montréal, dans le cadre de la première semaine québécoise consacrée à ce sujet.

À Trois-Rivières et dans les environs, le taux d'inoccupation des appartements est de 10,5 % dans les résidences pour personnes âgées, selon les plus récentes données de la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL).

« Quand on a des appartements de libres, pourquoi ne pas le faire? C'est bénéfique pour eux et pour moi, dit Joliane Plante. Moi ça m'aide financièrement, veut veut pas, et dans mon travail et en tant que personne. Et pour eux, ça amène de la vie! »

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