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Little Canada, la communauté fondée par un Franco-Manitobain aux États-Unis

Une tour d'eau et un panneau près d'un drapeau américain aux abords d'une route enneigée portent la mention Little Canada et le logo d'une feuille d'érable.
La communauté de Little Canada près de Minneapolis au Minnesota a été fondée par Benjamin Gervais, un francophone du Manitoba. Photo: Radio-Canada / Trevor Brine

Chaque année, le spectre des inondations vient hanter bon nombre de Manitobains. En 1844, un francophone de Winnipeg en a eu assez et a décidé de déménager au sud de la frontière pour fonder une nouvelle communauté : Little Canada.

Benjamin Gervais est né à Québec sur les rives du fleuve Saint-Laurent, un cours d'eau qui est bien moins porté à sortir de son lit que la rivière Rouge. La dernière inondation en 1826 fut la goutte de trop pour lui et pour d'autres fermiers francophones installés dans la colonie située sur les berges de cette rivière, devenue depuis Winnipeg.

En 1833, accompagné de 75 autres francophones, il emmène sa famille aux États-Unis et achète des terres près de la rivière Mississippi, là où se trouve maintenant la ville de Saint-Paul. C'est d'ailleurs lui qui a fourni les fonds pour créer la première église catholique dans la capitale du Minnesota.

Puis, en 1844, il fonde Little Canada, une communauté qui comprend maintenant 9800 habitants et est entièrement entourée par l'étalement urbain des villes jumelles Minneapolis et Saint-Paul.

Ils l'ont nommée Little Canada parce que ça leur rappelait d'où ils venaient avec toute l'eau et les arbres.

John Keis, maire de Little Canada

Cet étalement a d'ailleurs frappé directement Little Canada lorsqu'une autoroute a été construite en plein centre de la communauté, la scindant en deux. Depuis, la ville comprend une partie plus résidentielle, dans l'est, et un quartier plus commercial, dans l'ouest.

Nous disons tout le temps que, s'ils avaient à refaire tout ça, ils ne le feraient sûrement pas.

John Keis, maire de Little Canada
Une photo aérienne de la région de Minneapolis aux États-Unis où est indiqué l'emplacement de Little Canada au nord-est.Little Canada est entièrement entourée par l'étalement urbain des villes jumelles Minneapolis et Saint-Paul. Photo : Radio-Canada

Le défi est donc de faire en sorte que ces deux parties restent en contact, ce qui fait écho aux relations entre les provinces canadiennes.

Des racines francophones

L'héritage francophone et canadien continue d'être au centre de l'identité de la communauté dont l'emblème est une fleur de lys au centre d'une feuille d'érable. Chaque année, les Journées canadiennes ont lieu au mois d'août, et le bulletin d'information de la ville se nomme Le Petit Canadien.

Un homme souriant en veston et portant des lunettes se tient devant un bureau et un logo d'une fleur de lys argent à l'intérieur d'une feuille d'érable rouge.Le maire de Little Canada, John Keis, devant le logo de la communauté de 9800 personnes. Photo : Radio-Canada / Trevor Brine

L'histoire de la ville ferait par ailleurs bien des envieux au Québec. En 1953, Little Canada a réussi à se séparer d'une communauté plus importante, celle de New Canada.

Le français a toutefois presque disparu de Little Canada, alors qu'il était encore très courant jusqu'au début du 20e siècle. Seuls quelques-uns des plus vieux habitants peuvent encore parler le français approximatif qu'ils ont appris dans leur jeunesse. Même le nom du fondateur de la communauté, Benjamin Gervais, est le plus souvent prononcé à l'anglaise.

Avec les informations de CBC

Manitoba

Société