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Le député d'Argenteuil, Yves St-Denis, se retire du caucus libéral

Les explications de Véronique Prince

Le député libéral, Yves St-Denis, se retire du caucus de son parti. La nouvelle est tombée peu après que le bureau du premier ministre a confirmé que le PLQ enquêtait sur des allégations d'inconduite à son endroit.

Une employée du PLQ affirme que M. St-Denis lui a envoyé une photo sexuellement explicite en 2014, où l'on voyait un homme en position assise se faisant faire une fellation par une femme à genoux devant lui.

En entrevue avec notre journaliste Véronique Prince, Yves St-Denis reconnaît avoir effectivement envoyé cette photo, mais maintient que ce n'est pas lui qui y apparaît. Il affirme que l'image est en fait tirée d'un film pornographique.

Il affirme par ailleurs qu'à l'époque il était convaincu que l'employée était « sur la même longueur d'onde », c'est-à-dire qu'elle ne le prendrait pas mal de recevoir cette photo. Pour lui, elle était « one of the boys » et ils étaient habitués, soutient-il, à employer un langage cru ensemble.

Il affirme sinon qu'il ne lui a jamais fait d'avance ou eu avec elle d'autres comportements déplacés sexuellement, une information que Radio-Canada a pu confirmer.

Le député d'Argenteuil ne s'attendait pas à ce que cette histoire, qui remonte à 2014, fasse surface.

Il se dit victime d'une vendetta de la part d'une employée politique du gouvernement, parce qu'ils auraient eu des différends sur certains dossiers qui concernent sa circonscription.

Radio-Canada a appris que la présumée victime l'avait dénoncé une première fois auprès du PLQ en 2014. Elle l'a dénoncé de nouveau à l'automne 2017, cette fois au bureau du whip. À la suite de cette deuxième dénonciation, une enquête a été ouverte, en vertu de la politique contre le harcèlement de l’Assemblée nationale.

On ne sait cependant pas sur quoi porte exactement l'enquête. Le premier ministre Philippe Couillard a affirmé aux journalistes que l'enquête avait été ouverte pour harcèlement psychologique. Toutefois, selon les informations recueillies par Radio-Canada, l'employée du PLQ aurait dénoncé Yves St-Denis d'abord et avant tout en raison de l'envoi de la photo osée. Quant à la whip du parti, Nicole Ménard, elle a confirmé l'ouverture d'une enquête, mais n'en a pas spécifié la raison.

Yves St-Denis est le troisième député libéral à être chassé du caucus libéral en marge d'allégations d'inconduite sexuelle, après Gerry Sklavounos en 2016 et Pierre Paradis en 2017.

Crises de colère

Par ailleurs, d'autres employées du parti auraient dénoncé Yves St-Denis, l'accusant de harcèlement psychologique et de remarques dégradantes à caractère sexuel, affirme le réseau Cogeco.

Ce n'est pas la première fois que le comportement du député d'Argenteuil fait l'objet de plaintes.

En décembre 2016, des députés de Québec solidaire et de la Coalition avenir Québec (CAQ) avaient reproché au député d'utiliser un langage « insultant » et « violent », en plus de constamment interrompre ses collègues et de jeter des « regards intimidants » en Chambre, lorsqu'ils prenaient la parole. « Il a un comportement de goon », avait alors affirmé le député Amir Khadir.

M. Khadir et François Bonnardel, de la CAQ, avaient demandé au président de l'Assemblée nationale, Jacques Chagnon, d'intervenir pour mettre fin à ce qu'ils qualifiaient de harcèlement et d'intimidation.

Dès son élection en 2014, M. St-Denis, un ancien directeur de commission scolaire, avait eu des démêlés avec son ancien employeur, la Commission scolaire des Affluents, qui lui reprochait d'avoir quitté ses fonctions en emportant avec lui du matériel informatique. Sept mois plus tard, le PLQ avait dû exiger que M. St-Denis retourne le matériel, comprenant deux ordinateurs, à son ancien employeur.

Des vérifications sont toujours en cours

Interrogé par les journalistes, Phillipe Couillard a indiqué que « ce n’est pas le genre de comportement qu’on veut voir parmi nos élus », et qu' « il est certain que ça rend une candidature beaucoup plus difficile ».

Il a toutefois souligné que toutes les allégations sont « en train d'être réévaluées », et que les vérifications « seront faites correctement, dans le respect de tout le monde ».

« Quant aux allégations d’un autre type [que le harcèlement psychologique], vous avez vu que dans les derniers jours, M. St-Denis lui-même semble les avoir confirmées », a-t-il conclu.

De son côté, la ministre responsable de la Condition féminine, Hélène David, affirme que le Parti libéral a agi en toute bonne foi concernant les plaintes de la présumée victime, bien qu’elle avoue « qu’il y a toujours des processus qui peuvent être améliorés ».

« C’est relativement récent dans l’histoire de l’Assemblée nationale, et de l’Histoire tout court, qu’on prend très au sérieux ces allégations. […] Mais c’est clair que depuis plusieurs mois maintenant, nous sommes en grande réflexion, j’oserais dire mondiale, sur la question des rapports hommes-femmes, et je pense que cette culture-là n’est plus acceptable », a-t-elle déclaré.

Avec les informations de La Presse canadienne

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