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Le Manitoba permet les dénonciations d'agressions sexuelles à des tiers

Une femme parle à deux microphones. Derrière elles sont assises deux autres personnes devant une bannière avec le logo de la police de Winnipeg.
La directrice de l'organisme Ka Ni Kanichihk, Leslie Spillet, croit que la dénonciation d'agression sexuelle à une tierce partie est une mesure qui aurait dû être prise depuis longtemps au Manitoba. Photo: Radio-Canada / Gary Soliak
Radio-Canada

Les victimes d'agression sexuelle au Manitoba peuvent désormais signaler leur agression à trois organismes communautaires. Les rapports anonymes seront ensuite acheminés à la police de Winnipeg afin d'identifier des « agresseurs ou des tendances », qui auraient échappé à la police.

« Nous avons la capacité de voir si d’autres agressions similaires ont été perpétrées », note le chef du Service de police de Winnipeg, Danny Smyth. « Cela ne veut pas toujours dire qu’il y aura une enquête criminelle, mais je crois que c’est une bonne façon d'obtenir un aperçu de ce qui se passe dans la communauté ».

L’information sera répertoriée dans une base de données nationale qui suit des délinquants violents. Cependant, ces rapports ne seront pas traités comme le sont des plaintes formelles.

« Nous n’allons pas lancer des enquêtes en passant par une tierce partie », déclare Danny Smyth. Cela veut dire que les personnes signalant une agression aux organismes communautaires ne signalent pas officiellement un crime.

C’est une option pour les personnes qui ont subi le traumatisme et la peur d’une agression sexuelle et qui préfèrent ne pas impliquer la police ou ne pas aller en cours, indique M. Smyth.

Il espère néanmoins que les victimes prendront confiance en se confiant aux partenaires communautaires, et qu’ils voudront par la suite aller à la police. Ainsi, la police pourrait lancer une enquête formelle.

Les trois organismes qui participent à l’initiative soutenue par la province sont le centre de santé communautaire Klinic, Sage House, de la clinique Mount Carmel, et le Heart Medicine Lodge de Ka Ni Kanichihk, tous situés à Winnipeg.

Lorsqu’ils recueilleront le témoignage d’une victime d’agression sexuelle, les employés de ces organismes rempliront un formulaire que la police ajoutera à la base de données. Les témoignages peuvent être recueillis en personne ou au téléphone.

C’est une mesure qui aurait dû être prise depuis longtemps, mais qui vient à un bon moment, dit la directrice générale de Ka Ni Kanichihk, Leslie Spillet. Les cas d'agressions sexuelles sont plus nombreux chez les femmes autochtones de Winnipeg que chez les autres femmes de la ville.

Un plan rapproché du visage d'une femme blonde avec des lunettes.Rochelle Squires dit avoir été victime d'une agression sexuelle lorsqu'elle avait 13 ans et qu'elle ne pouvait le dire à personne. Photo : La Presse canadienne / Darryl Dyck

En mettant à la disposition de la police un système de signalement par des tierces parties, le Manitoba emboîte le pas au Yukon et la Colombie-Britanique, affirme la ministre de la Condition féminine du Manitoba, Rochelle Squires.

« En Colombie-Britannique, par exemple, à la suite de cas de viols en série très médiatisés, des militants affirmaient que si un système de dénonciation par des tierces avait été en place, une tendance aurait pu être découverte, et une arrestation aurait pu venir plus rapidement », dit-elle.

Elle a tenu à souligner que la dénonciation d'agression sexuelle par des tierces est avant tout un outil pour les victimes et ensuite un outil pour les forces de l’ordre.

Les dénonciations par des tierces sont réservées aux adultes, car les noms de victimes de moins de 18 ans doivent être divulgués à la police, note Mme Squires.

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