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La C.-B. dénonce le désir de l’Alberta de limiter ses exportations de pétrole

Des travailleurs s'affairent autour d'un conduit.
Le projet Trans Mountain vise à tripler la capacité du pipeline existant. Photo: Kinder Morgan
Radio-Canada

Le procureur général de la Colombie-Britannique, David Eby, menace l'Alberta de poursuites judiciaires si elle adopte son projet de loi 12, déposé lundi qui vise à donner le droit au gouvernement albertain de limiter l'exportation d'hydrocarbures vers sa voisine.

Cette loi aurait notamment pour effet de faire bondir les prix de l’essence en Colombie-Britannique et serait inconstitutionnelle, affirme le ministre Eby.

Si la loi [albertaine] contient quoi que ce soit qui nuit aux Britanno-Colombiens, nous prendrons tous les moyens nécessaires pour protéger nos intérêts.

David Eby, procureur général de la Colombie-Britannique

Des représailles voilées

Si la première ministre de l’Alberta, Rachel Notley, ne décrit pas le projet de loi 12 comme étant des représailles à l’opposition de la Colombie-Britannique à l’expansion du pipeline Trans Mountain, elle soutient néanmoins que « le gouvernement de la Colombie-Britannique se comporte comme s’il ne faisait pas partie du pays ».

Il est, selon elle, essentiel pour l’Alberta de pouvoir exporter ses ressources naturelles, et cela explique pourquoi le projet de Kinder Morgan est d’intérêt national.

L’Alberta fait partie du Canada, un pays qui a plus de côtes que tous les autres pays du monde.Donc, on n’est pas enclavé, on est Canadiens.

Rachel Notley, première ministre de l'Alberta

Selon Mme Notley, la Colombie-Britannique importe une quantité « importante » de pétrole de l’Alberta, dont la majorité est transportée par le pipeline Trans Mountain existant.

Chaque jour de retard dans le projet d’expansion du pipeline coûte au pays 40 millions de dollars, toujours selon Mme Notley.

Tracé de l'oléoduc Transmountain de l'entreprise Kinder Morgan. Tracé de l'oléoduc Transmountain de l'entreprise Kinder Morgan. Photo : Radio-Canada

Le droit de limiter les exportations

Le texte du projet de loi 12 prévoit que le ministre albertain de l’Énergie pourra exiger de tout producteur de pétrole qu’il obtienne au préalable un permis d’exportation.

Le ministre pourra alors choisir de limiter la quantité de pétrole exporté, le moment où il est exporté et son mode de transport.

Les producteurs albertains n’auront pas tous à demander un permis d’exportation, et le ministre décidera lesquels d’entre eux devront le faire.

Sa décision se fondera sur des critères d’« intérêt public », selon le texte. Plus particulièrement, le gouvernement albertain examinera si la capacité du pipeline est suffisante pour permettre de « maximiser le rendement du pétrole brut et du bitume dilué produit en Alberta ».

Il étudiera aussi le niveau des réserves de pétrole et de gaz naturel, pour déterminer si elles sont suffisantes pour les besoins actuels et futurs de la province.

« Cette loi sera là, pour le cas où l’Alberta en aurait besoin. J'ai bon espoir que nous n’aurons pas à l’utiliser, mais je veux aussi m’assurer que nous sommes prêts et que nous avons tous les outils à notre disposition », soutient Rachel Notley.

Des effets immédiats

Si l’Alberta devait restreindre ses exportations d’hydrocarbures, l’effet se ferait immédiatement sentir, indique le professeur Mark Jaccard, de l’École de gestion des ressources et de l’environnement de l’Université Simon Fraser, à Vancouver : « Il est vrai que la majeure partie de l’essence consommée par les voitures du sud-ouest de la province vient de l’Alberta. »

Le procureur général David Eby précise que le gouvernement de la Colombie-Britannique étudiera le projet de loi albertain avant de décider des moyens à prendre pour le contrer.

Avec des informations de Sophie Muller

Alberta

Industrie pétrolière