•  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  

Bissonnette voulait « la gloire », dit une intervenante en santé mentale

Image d’Alexandre Bissonnette tirée d’une caméra de surveillance. Il est assis sur une chaise, face à une table. Vêtu d’une combinaison blanche, il se prend la tête avec sa main droite. Dans le coin supérieur droit de l’image, on aperçoit une autre prise de vue de la caméra, en plongée. Le sergent enquêteur Steve Girard, de la Sûreté du Québec, fait face à Bissonnette.
Alexandre Bissonnette lors de son interrogatoire qui s’est déroulé au quartier général de la Sûreté du Québec le 30 janvier 2017. Photo: Radio-Canada
Radio-Canada

Le rapport d'une intervenante en santé mentale de la prison de Québec jette un nouvel éclairage sur la tuerie à la mosquée de Québec survenue en janvier 2017.

Un texte de Yannick Bergeron

Dans son rapport écrit daté du 20 septembre 2017, Guylaine Cayouette indique qu'Alexandre Bissonnette se met à pleurer dès le début de leur rencontre.

Il indique qu'il est tanné de jouer un rôle, qu'il n'entend pas de voix et que ce n'est pas vrai qu'il ne se souvient de rien. Au contraire.

L'intervenante rapporte ainsi les propos du meurtrier : « je suis parti de chez moi avec mon étui de guitare. J’aurai pu aller tuer n’importe qui, je ne visais pas les musulmans. Je voulais la gloire ».

Les mots ont raisonné dans la salle d'audience alors que le procureur de la poursuite, Me Thomas Jacques, en faisait la lecture.

À un certain moment, Bissonnette a fait allusion à la tentative d'Azzedine Soufiane de le désarmer.

« Je l'ai tiré. Je regrette de ne pas avoir tué plus de personnes », aurait dit Alexandre Bissonnette.

Longs soupirs

Dès que Me Thomas Jacques a prononcé ces paroles, de longs soupirs de souffrance ont retenti dans la salle.

« Les victimes sont au ciel et moi je vis l’enfer », a regretté Bissonnette qui a confié vouer un véritable culte pour les tueurs en série depuis son adolescence.

Il explique alors que sa décision de plaider coupable aux accusations est prise et que son plan n'a pas fonctionné puisqu'il voulait se suicider.

« Il souhaite mourir à 27 ans comme ses idoles », écrit Guylaine Cayouette dans son rapport.

Présentation des témoignages

Après avoir terminé d’exposer sa preuve documentaire, la Couronne a commencé à présenter les témoignages de survivants et de proches des victimes. Elle a également présenté une retranscription de l’interrogatoire du père d’Alexandre Bissonnette réalisé le soir de la tuerie à la mosquée de Québec.

Raymond Bissonnette croyait à une méprise lorsqu'il a appris que les policiers soupçonnaient son fils d'être l'auteur de l’attaque.

« Je crois vraiment qu’il s’agit d’un malentendu. Je serais vraiment [surpris] qu’il ait commis un tel geste », a-t-il confié à l’enquêteur.

Le père du tueur a parlé des problèmes d'anxiété et de consommation d'alcool de son fils, qu'il a décrit comme quelqu'un de « solide » et « songé ».

Manque d'estime de soi

Raymond Bissonnette a également mentionné aux enquêteurs qu’Alexandre n'avait pas de copine, une situation qu'il attribue à son manque d'estime de soi.

Selon le père d'Alexandre Bissonnette, le jeune homme avait un comportement habituel le jour de l'attaque à la mosquée. Il aurait passé la journée dans sa chambre située au sous-sol de la résidence familiale et soupé en compagnie de ses parents.

Le tueur aurait quitté la maison vers 19 h, avisant ses parents de son intention d’aller à la salle de tir où il avait l’habitude de se rendre.

Justice et faits divers