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De réfugié à entrepreneur : le parcours de la famille Qarqouz

Un homme devant la façade d'un restaurant.

Hussein Qarqouz dans son nouveau restaurant

Photo : Radio-Canada / Joël Ashak

Radio-Canada

La douleur de l'exil est encore présente. Pourtant, un peu plus de deux ans après être arrivée à Sudbury, dans le Nord de l'Ontario, la famille d'Hussein Qarqouz ouvre son propre restaurant-pâtisserie dans le centre-ville. C'est le début d'une nouvelle vie pour ces cinq réfugiés syriens qui ont tout laissé derrière eux.

Un texte de Justine Cohendet

Les souvenirs de la guerre et des bombardements ne s’effacent pas. Il est aussi difficile de ne pas penser à ceux qui sont restés là-bas.

Emprisonné en Syrie, réfugié au Liban, Hussein Qarqouz a été parrainé en décembre 2015 pour venir s’installer au Canada avec son épouse et ses trois enfants.

Depuis 2015, 47 réfugiés syriens ont été accueillis dans le Grand Sudbury.

Premiers réfugiés syriens à être arrivés à Sudbury, les membres de la famille Qarqouz avaient un rêve en tête en posant leurs valises dans le Nord de l’Ontario : celui d’ouvrir une pâtisserie syrienne.

« Ça fait 20 ans que je suis pâtissier », raconte M. Qarqouz, impatient de faire découvrir les spécialités de son pays à la communauté sudburoise.

La femme et l'un des fils d'Hussein Qarqouz. Agrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Toute la famille s'est réunie à la veille de l'ouverture de la pâtisserie.

Photo : Radio-Canada / Justine Cohendet

Le gouvernement fédéral offre une aide économique aux réfugiés, mais celle-ci prend fin au bout d’un an. Les Qarqouz n’ont d'ailleurs pas reçu d’appui financier des autorités pour lancer leur entreprise.

J’avais mon restaurant en Syrie, puis au Liban. Ce n’était pas difficile. Je comprenais tout là-bas. C’était mon pays. Ici, tout est différent.

Hussein Qarqouz, réfugié syrien et propriétaire de la pâtisserie Damascus

Une nouvelle langue

Un défi d’autant plus grand qu'Hussein Qarqouz ne parlait pas un mot d’anglais avant d’arriver.

« Certaines personnes m’ont dit : "Va à Toronto ou à Ottawa, il y a une grosse communauté arabe". Mais je leur ai dit : “Non, je veux d’abord essayer à Sudbury, parce que j’aime cette ville, j’aime les gens ici. Ils nous ont bien accueillis », explique-t-il.

Si l’aide du gouvernement s’est arrêtée au bout d’un an, le soutien de l’église St. Andrew, qui a parrainé la famille, n’a, lui, jamais cessé.

Un homme dans une cuisineAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

Photo : Radio-Canada / Justine Cohendet

« Quatre mois après mon arrivée, j’ai dit aux gens de l’église St. Andrew que je voulais ouvrir une pâtisserie. Certains d’entre eux m’ont donné des idées et m’ont expliqué ce que je devais faire. Ils m’ont dit : “Hussein, tu dois attendre, tu dois comprendre comment fonctionne Sudbury, comment fonctionne le commerce ici », se souvient-il.

On ne choisit pas d’être réfugié

Roger Pile fait partie du petit groupe de l’église St. Andrew qui a parrainé les Qarqouz. Il est conscient que les personnes réfugiées, contrairement aux immigrants, ne quittent pas leur pays par choix.

« Hussein avait un restaurant qui marchait, sa famille vivait à côté de chez lui. Il avait une grande maison », expose celui qui ne pensait pas qu’il ouvrirait une pâtisserie avant au moins cinq ans.

Plusieurs personnes assises dans un salonAgrandir l’image (Nouvelle fenêtre)

La famille Qarqouz accompagnée de l'interprète Tahani Joubeily (à gauche).

Photo : Radio-Canada / Natacha Lavigne

« Quand le local de ce restaurant s’est libéré, nous étions sceptiques, mais il a convaincu assez de personnes qu’il en était capable », explique-t-il à la veille de l’inauguration du restaurant.

Des dizaines de personnes sont attendues mardi, rue Beech, pour célébrer le début d’une nouvelle aventure.

Avec les renseignements de Joël Ashak et Justine Cohendet

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