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Regard sur Juliette : Kim Nguyen filme l'amour au temps de la technologie toute puissante

L'actrice Lina El Arabi dans une scène du film « Eye on Juliet », de Kim Nguyen
Une scène du film Regard sur Juliette, de Kim Nguyen Photo: Sébastien Raymond
Radio-Canada

Kim Nguyen effectue son retour vendredi dans les salles de cinéma québécoises avec Regard sur Juliette (Eye on Juliet). Décrit par le réalisateur montréalais comme l'un de ses plus grands défis cinématographiques, ce long métrage tourné en anglais et en arabe raconte la relation improbable, à des milliers de kilomètres de distance, entre un travailleur américain et une jeune femme qui lutte pour son émancipation au Moyen-Orient.

La caméra de Kim Nguyen se balade entre deux mondes, l’Amérique du Nord et le Moyen-Orient, pour évoquer la rencontre virtuelle entre Gordon (Joe Cole) et Ayusha (Lina El Arabi). Le premier, employé d’une compagnie de surveillance à Detroit, contrôle des pipelines dans le monde arabe grâce notamment à une araignée robotique. Cette technologie lui sert aussi à épier la jeune femme, qui risque tout pour une histoire d’amour interdite alors que sa famille tente de la marier de force à un autre homme.

L’isolement est l’un des thèmes majeurs de cette coproduction canado-franco-américaine. « À travers mes tournages en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, j’ai vu une espèce de solitude, surtout entre les jeunes hommes et les jeunes femmes qui, malgré ce que les médias peuvent dire, essaient désespérément de se retrouver. Ici aussi, on parle souvent d’une grande capacité de communiquer […] et je sens qu’il y a derrière ça, malgré tout, une solitude grandissante. Même si les causes sont très différentes, il y a cette réalité d'essayer de se retrouver entre humains », explique le réalisateur et scénariste à l’émission Gravel le matin.

Kim Nguyen s’est rendu au Maroc, pour filmer l’histoire d’Ayusha, ainsi qu'à Laval et dans le nord-est de l’île de Montréal, pour tourner la partie américaine du film. Toutefois, la transposition des paysages industriels de Detroit a été « étonnamment difficile », se souvient le cinéaste, les zones choisies au départ ne correspondant pas autant qu’il l’aurait voulu à ce qu’on peut voir du côté de Detroit.

Critiques partagées

D’autres difficultés ont attendu le Montréalais, cette fois au moment de la présentation de Regard sur Juliette au Festival du film international de Toronto et à la Mostra de Venise. Les réactions ont été très partagées, avec notamment une « critique assassine d’un média hollywoodien ». D’autres se sont montrés bien plus conquis. Le long métrage a ainsi récolté le prix de la critique européenne.

Le cinéaste Kim NguyenLe cinéaste Kim Nguyen Photo : Radio-Canada / Christian Côté

« Les gens qui n’aiment pas une part de romantisme et de fantasme idéaliste ne vont pas aimer ce film-là. C’est sûr que ce n’est pas un film pour les cyniques », affirme le cinéaste nommé aux Oscars en 2013 pour Rebelle.

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