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L'Abitibi-Témiscamingue converge vers l'encan d'animaux de New Liskeard

Une foule assiste à un encan.
Des dizaines de personnes assistent au Temiscaming Livestock Exchange de New Liskeard. Photo: Radio-Canada / Lise Millette
Radio-Canada

Puisqu'il n'existe aucun encan pour animaux en Abitibi-Témiscamingue, producteurs et acheteurs se rendent au Temiscaming Livestock Exchange de New Liskeard, en Ontario, pour effectuer leurs transactions.

Avec les informations de Lise Millette

Située sur la route 65 en Ontario, à environ 22 kilomètres de la frontière québécoise, les participants affluent à New Liskeard d'aussi loin que Val-d'Or ou même de la Baie-James. Chaque lundi, ils viennent faire leur tour. L'endroit est à la fois un lieu de rencontres, de ventes et d'échanges pour le bétail, grand ou petit, mais on y retrouve aussi plusieurs curieux.

Jean-Marie Pouliot et Éric Leclerc habitent respectivement à Amos et Berry. Chaque semaine, ils font plus de 258 kilomètres de route. Un long trajet, sans compter le temps de chargement des bêtes, qui en vaut la peine et pour lequel il existe peu d'alternatives.

« C'est le seul encan dans toute l'Abitibi-Témiscamingue et le Nord de l'Ontario. Ça doit faire [...] une dizaine d'années qu'il n'y en a plus dans notre coin. Ça fait longtemps, bien longtemps », affirme Jean-Marie Pouliot.

Un cochon sur de la paille.Un cochon Photo : Radio-Canada / Lise Millette

« Sans ça, c'est Saint-Hyacinthe! Le seul accessible, c'est celui-là », renchérit Éric Leclerc.

Certains producteurs se rendent aussi à Toronto, ou même plus loin.

« Ils ont voulu nous envoyer en Beauce, à Saint-Isidore, mais c'est 11 ou 12 heures de route... et ça ne se vend pas plus cher », ajoute M. Pouliot.

Des moutons dans un enclos intérieur.Des moutons Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Petits et grands animaux

On compte deux salles d'encan, l'une pour les petits animaux comme les lapins, les canards et les poules, et une enceinte plus grande pour les vaches, les boeufs, les chevaux et les porcs, notamment. Les enchères se font en anglais et en français. Le rythme est rapide et la foule attentive.

Outre les producteurs, l'encan est aussi fréquenté par des amoureux des animaux et plusieurs curieux, dont Denis Sowinski, un ancien employé de l'encan.

Ce jour-là, M. Sowinski n'avait pas d'objectif particulier, ni vente ni achat. « Je suis comme un touriste, un touriste en Ontario! », lance-t-il en riant.

Des alpagas dans un enclos intérieur.Des alpagas Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Il n'est pas le seul à venir observer le jeu des transactions. C'est aussi le cas d'Yvon Mailloux, de Normétal, qui connaît bien l'endroit.

« Je viens acheter des poules pour mes petits-enfants et mes nièces, pour l'été. L'une veut des poules chinoises, c'est une commande. Moi j'adore ça! J'ai déjà eu des animaux et j'adore ça. Je viens ici 7 ou 8 fois. Et les prix sont bons? Ça dépend... aujourd'hui, il y a beaucoup de monde, ça s'obstine. J'ai déjà vu des petits poneys être vendus 450 $. À l'automne, le gars avait payé 50 $ et en avait acheté 10 : il a donc repris son argent! »

M. Mailloux avoue candidement avoir appris de ses passages à l'encan. Il partage même une de ses erreurs de débutant.

« Il y a deux ou trois ans, je n'étais pas habitué. Je suis venu avec une amie de fille. Il y avait des poules dans une boîte. Je pensais que c'était 12 $ pour les cinq, mais c'était 12 $ chaque. Ça fait trois ans de ça et elle rit de moi encore. »

Des chèvres dans un enclos intérieur.Des chèvres Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Une commission

Les vendeurs doivent remettre une commission d'environ 4 % du prix obtenu. Les acheteurs, eux, s'enregistrent sans frais et obtiennent un petit carton à agiter pour participer aux enchères. Si une personne remporte le lot, elle paie sa mise. La formule est simple, mais elle a fait ses preuves, comme le dit Yvon Mailloux.

« Ça fait longtemps que ça marche. Les premiers temps ici, il passait 500 ou 600 boeufs par encan. Les premiers temps, ça se vendait par troupeau, 30-35 du coup! C'était plein... mais aujourd'hui il y a moins de producteurs. »

Des vaches dans un enclos intérieur.Des vaches Photo : Radio-Canada / Lise Millette

Moins de producteurs et un marché qui s'est transformé. De nos jours, les bêtes proviennent surtout du Québec et plusieurs terminent leurs jours en Ontario.

Ce sont davantage les gens du Québec qui font vivre l'encan. Les acheteurs sont de l'Ontario.

Jean-Marie Pouliot

« C'est du monde anglais qui achète. Il y a des acheteurs pour la viande, c'est pour ça qu'on vient », avance Éric Leclerc. « Et ça s'en va à Toronto la plupart du temps », complète Jean-Marie Pouliot.

En bonne santé

Les animaux destinés à l'encan doivent être en bonne santé, tenir droits sur leurs pattes et avoir un bon poids. Un vétérinaire est aussi sur place.

Des cochons dans un enclos intérieur.Des cochons Photo : Radio-Canada / Lise Millette

« S'ils ne sont pas en santé, ils sont refusés. Si tu amènes des animaux ou des vaches qui ne sont pas en forme, tu peux manger un ticket de 2000 $. Depuis la vache folle, ça a complètement changé. Ta vache, il ne faut pas qu'elle boite, il ne faut pas qu'elle soit trop maigre », fait valoir M. Pouliot.

Sur place, on rencontre aussi quelques rêveurs. De Rouyn-Noranda, Etienne Lessard vient faire son tour en attendant de pouvoir réaliser son souhait d'avoir sa petite ferme à lui. Elle aussi de Rouyn-Noranda, Marie-Ève Bouchard est venue faire son tour avec sa petite Juliette.

C'est la proximité des animaux. On peut se promener, les regarder, les toucher, c'est un spectacle qui est divertissant et différent.

Marie-Ève Bouchard

Des encans, il y en a tous les lundis et le samedi 12 mai, le Temiscaming Livestock Exchange tiendra son encan de chevaux à compter de 13 h.

Abitibi–Témiscamingue

Agro-industrie