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« Complot de la Saint-Valentin » à Halifax : au moins 20 ans de prison demandés pour Lindsay Souvannarath

Une femme à l'extérieur d'une salle d'audience d'un tribunal
Lindsay Souvannarath lors d'une comparution en cour en mars 2015 Photo: La Presse canadienne / Andrew Vaughan
Radio-Canada

Une peine minimale de 20 ans d'emprisonnement est recommandée par la Couronne pour Lindsay Souvannarath, cette Américaine reconnue coupable de complot pour commettre une tuerie de masse dans un centre commercial d'Halifax.

L’avocat de Lindsay Souvannarath demande quant à lui une peine de 12 à 14 ans d’emprisonnement.

Elle reviendra devant la cour vendredi pour connaître sa sentence.

La jeune femme a plaidé coupable la semaine dernière à une accusation de complot pour meurtre. Son complice, Randall Shepherd, de Timberlea en banlieue d’Halifax, purge la peine de 10 ans de prison à laquelle il a été condamné en novembre 2016.

Mme Souvannarath a 25 ans. Elle en avait 23 ans lors de son arrestation le 13 février 2015 à l’aéroport Stanfield d'Halifax. Un troisième suspect, James Gamble, 19 ans, s’est suicidé à la résidence où il vivait avec ses parents à Timberlea.

Le trio prévoyait une fusillade le jour de la Saint-Valentin 2015 au Halifax Shopping Centre. La Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait été informée des plans des trois individus le 12 février.

Un plan clair pour commettre une tuerie, selon le juge

Impassible devant la cour, lundi à Halifax, Mme Souvannarath a écouté le récit des éléments de preuve qui serviront à déterminer sa sentence.

Luke Craggs, l’avocat de Lindsay Souvannarath, soutient que sa cliente et le jeune Gamble ont bien échangé des messages, mais qu’ils n’avaient pas de buts précis.

Lindsay Souvannarath sort menottée d'un fourgon cellulaire de la police.Lindsay Souvannarath en 2015. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Il a fait valoir que la femme de Geneva, en Illinois, ne s’est jamais « approchée » du centre commercial où la tuerie devait être exécutée puisqu’elle a été interceptée à l’aéroport. « Ce complot avait peu de risques de se transformer en meurtre » a-t-il déclaré.

Le juge Peter Rosinski estime au contraire que les messages échangés sur Facebook démontrent que leur plan pour perpétrer une tuerie de masse était « plutôt simple ».

De nouveaux détails émergent sur le « complot de la Saint-Valentin »

Les jeunes qui ont reconnu avoir comploté en vue de commettre un massacre dans un centre commercial d'Halifax le jour de la Saint-Valentin, en 2015, s'inspiraient du massacre de Columbine, survenu aux États-Unis en 1999.

Ce détail est contenu dans des documents judiciaires déposés dans la cause de Lindsay Souvannarath.

Lindsay Souvannarath en 2015 menottée dans un couloir du tribunal à Halifax.Lindsay Souvannarath en 2015 à Halifax. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

D’après les documents déposés en cour, les deux conspirateurs, de même qu’un troisième qui s’est enlevé la vie avant d’être arrêté, se considéraient comme des « Columbiners », l’étiquette donnée à ceux qui considèrent les deux élèves responsables de la tuerie de l’école secondaire Columbine, en 1999 au Colorado, comme des héros.

Le parallèle avec le massacre de Columbine était si fort que les procureurs néo-écossais de la Couronne avaient l’intention de convoquer comme témoin l’enquêteur principal, dans l’affaire de Columbine, aux procès de Souvannarath et de Shepherd.

Un plus grand nombre de victimes qu'à Columbine

Souvannarath, Shepherd et Gamble auraient commencé à comploter en ligne quelques jours avant Noël, en 2014, d’après les documents judiciaires.

Ils avaient l’intention de faire un plus grand nombre de victimes qu’à Columbine High, où 13 personnes avaient perdu la vie.

Randall Shepherd arrive au palais de justice d'HalifaxRandall Shepherd a plaidé coupable à l'accusation de complot pour meurtre en novembre 2016. Photo : La Presse canadienne / Andrew Vaughan

Tout comme leurs « héros » de Columbine, ils comptaient utiliser des cocktails Molotov lors de leur attaque. Au moment de son arrestation, Shepherd avait d’ailleurs en sa possession un bidon d’essence, une bouteille de whisky et un briquet.

Le trio disposait également de deux armes à canon long.

Les enquêteurs ont d’autre part découvert dans le cours de leur enquête que Souvannarath avait une « affinité pour le nazisme ». La Couronne ne se serait uniquement servie de cette information, dans le cadre d’un procès, que si elle avait un lien direct avec le complot, d’après les documents judiciaires.

La reconnaissance de culpabilité des deux accusés a cependant enrayé la tenue d’un procès.

D'après des informations de Preston Mulligan et Blair Rhodes, de CBC, et Caroline Lévesque de Radio-Canada Acadie

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Justice et faits divers