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Macron dit avoir convaincu Trump de rester en Syrie

Le récit d'Eve Couture
Agence France-Presse

Emmanuel Macron a assuré, lors d'un entretien télévisé sur sa première année au pouvoir, avoir convaincu Donald Trump de maintenir les troupes américaines en Syrie.

Moins de 48 heures après les frappes américaines, françaises et britanniques en Syrie, le président français a expliqué que Paris ne faisait pas la guerre à Damas et qu'il voulait parler à tous les acteurs de la crise.

Il a consacré à la Syrie tout le début de ces presque trois heures d'entretien face à deux journalistes particulièrement pugnaces, qui ont ensuite bombardé le président de questions frisant parfois la discourtoisie sur les sujets domestiques.

« La France n'a pas déclaré la guerre au régime » de Bachar Al-Assad, accusé d'avoir utilisé des armes chimiques contre des civils dans la guerre qu'il livre aux rebelles, a déclaré M. Macron, rappelant que l'ennemi de la France était le groupe armé État islamique.

Ces frappes étaient nécessaires et légitimes, selon lui, mais « la finalité est de construire ce qu'on appelle une solution politique inclusive », a-t-il dit, mettant en exergue l'activisme diplomatique français pour « parler avec tout le monde », notamment avec les alliés du régime comme la Russie et l'Iran, et les acteurs régionaux comme la Turquie.

Pour parvenir à « cette solution durable », « il nous faut parler avec l'Iran, la Russie et la Turquie », a dit le chef de l'État. Il a exposé sa vision de la nécessité de faire bouger les lignes de fractures diplomatiques entre Occidentaux, paralysés dans les négociations menées dans le cadre du Conseil de sécurité de l'ONU (où la Russie a un droit de veto), et les autres acteurs de la crise, dont ces trois pays qui patinent de leur côté dans un processus diplomatique parallèle, celui d'Astana.

Syrie : l'engrenage de la guerre

Macron insiste auprès de Trump

Le président a aussi affirmé qu'il avait réussi à convaincre l'impulsif président américain Donald Trump de maintenir ses troupes en Syrie.

Il y a 10 jours, le président Trump disait que les États-Unis d'Amérique ont vocation à se désengager de la Syrie. Nous l'avons convaincu […] qu'il était nécessaire d'y rester [dans la durée].

Emmanuel Macron, président de la France

Pendant cette intervention diffusée sur la télé BFM, la radio RMC et le site Mediapart, Emmanuel Macron a aussi écarté les éventuels procès en illégitimité auxquels s'exposeraient ces frappes effectuées hors du cadre de l'ONU, estimant que « c'est la communauté internationale qui est intervenue ».

Plusieurs personnalités politiques françaises ont critiqué la légalité de cette opération militaire qui fera l'objet d'un débat sans vote des parlementaires français lundi soir.

Au Royaume-Uni, la première ministre britannique Theresa May, qui a également engagé ses troupes dans ces frappes, a fait face à une vive opposition politique.

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